« Je roulais à 128 km/h sous la pluie, je pensais être dans les clous » : ce que les radars ne font pas et que 80% des conducteurs ignorent

Pluie, grêle ou neige : saviez-vous que vos radars préférés deviennent soudain aveugles ? Seuls les gendarmes sur le terrain peuvent vraiment vous sanctionner. Le code de la route réserve pourtant une surprise de taille.

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« Je roulais à 128 km/h sous la pluie, je pensais être dans les clous » : ce que les radars ne font pas et que 80% des conducteurs ignorent
« Je roulais à 128 km/h sous la pluie, je pensais être dans les clous » : ce que les radars ne font pas et que 80% des conducteurs ignorent © L'Automobiliste

Aucun radar automatique n’est capable de détecter la pluie, la grêle ou la neige, rapporte Ouest France. Ni les appareils fixes les plus récents ni les radars tourelles ne disposent d’une option météo qui ajusterait automatiquement le seuil de verbalisation. Conséquence directe : un conducteur qui dépasse la vitesse réduite imposée par les intempéries, sans pour autant franchir la limite autorisée par temps sec, ne sera pas flashé.

Le code de la route est pourtant clair sur ce point. Sur autoroute, la vitesse maximale tombe de 130 à 110 km/h dès qu’il pleut. Sur voie rapide, elle passe de 110 à 100 km/h, et sur route classique de 90 à 80 km/h.

Ces réductions compensent l’allongement des distances de freinage et la perte d’adhérence, qui peut aller jusqu’à l’aquaplaning. Elles s’appliquent même en l’absence de panneau signalant le changement : rouler à 125 km/h sous la pluie, par exemple, reste une infraction, même si rien sur le bord de la route ne le rappelle.

Les forces de l’ordre, seules capables de s’adapter

C’est là tout le paradoxe. Les radars automatiques et les radars tourelles ne se reprogramment pas en fonction du temps qu’il fait. Seuls les radars mobiles, tenus par des policiers ou des gendarmes, échappent à cette limite technique : les agents sur le terrain, eux, tiennent compte des changements de conditions météorologiques.

Le cadre réglementaire va d’ailleurs plus loin que la seule question de la pluie. L’article R. 413-2 du code de la route fixe les vitesses maximales par temps sec et par précipitations selon le type de voie, avec une réduction de 10 km/h sur les routes à 90 km/h et les voies rapides à chaussées séparées, et de 20 km/h sur autoroute.

L’article R.413-4 impose quant à lui une vitesse plafonnée à 50 km/h sur l’ensemble du réseau dès que la visibilité tombe sous 50 mètres. Un troisième texte, l’article R. 413-17, oblige plus largement à adapter son allure à l’état de la chaussée et aux difficultés de circulation, ce qui laisse toute latitude aux forces de l’ordre pour verbaliser lors de contrôles au bord des routes, même hors de ces seuils précis.

La même logique vaut pour les restrictions liées aux pics de pollution. Contrairement à une idée répandue, les radars automatiques ne sont pas recalibrés en fonction des arrêtés préfectoraux : ils continuent de ne relever que les excès par rapport à la limite habituelle de temps sec, sans tenir compte des réductions imposées ce jour-là.

Cette question du radar intelligent n’est pas purement théorique. Au Royaume-Uni, où l’on roule à gauche, des appareils programmés avec de l’intelligence artificielle sont testés pour repérer les conduites suspectes ou l’alcool au volant. Décrites comme de petites boîtes grises, ces machines analysent la trajectoire des véhicules et déclenchent une photo en cas de franchissement de ligne ou de zigzag, photo ensuite transmise aux forces de l’ordre qui décident ou non d’intervenir.

Rien de comparable n’est pour l’instant prévu en France, où aucun projet de radar doté d’une IA capable de détecter et de s’adapter à la météo n’a été annoncé.

En 2023, 17,2 millions d’excès de vitesse ont été verbalisés en France, dont 16,5 millions par des radars automatiques, soit près de 96 % des infractions relevées. Le contrôle sanction automatisé détient donc un quasi-monopole sur la répression des excès de vitesse, mais un monopole qui s’arrête là où commence la météo.

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