Depuis 2018, la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires a été mise en place en France pour réduire le nombre de décès sur la route. Même si cette mesure visait à protéger les usagers, elle a vite fait parler d’elle auprès des automobilistes et de certains élus locaux, notamment en comparaison avec les limitations de vitesse dans d’autres pays européens. En 2019, la loi d’orientation des mobilités a ouvert la porte à un retour possible à 90 km/h dans certaines conditions, laissant ainsi aux départements la liberté d’adapter cette règle à leur réalité, nous rapporte Boursorama.
Pourquoi changer la donne ?
La règle uniforme de 80 km/h a souvent été pointée du doigt pour ne pas tenir compte des particularités propres à chaque tronçon. Plusieurs critiques ont expliqué que la mesure ne s’ajustait pas aux spécificités locales. Pour répondre à ces remarques, un assouplissement a été introduit, autorisant les départements à rétablir la limite à 90 km/h après une analyse détaillée des accidents enregistrés.
Ainsi, pour opter pour ce changement, il faut démontrer que les routes concernées affichent un bon niveau de sécurité. On prend en compte l’historique des accidents, la visibilité, la configuration des virages, la qualité du revêtement et la densité du trafic. Les tronçons rectilignes hors agglomération et présentant peu de dangers sont naturellement privilégiés pour ce retour à 90 km/h.
Des cas concrets et le coût du changement
Plusieurs exemples montrent bien comment cette transition s’opère. Dans l’Eure, près de 420 itinéraires ont été examinés pour vérifier si le retour à 90 km/h était envisageable. Toutefois, dans les zones jugées plus risquées, comme les intersections ou les traversées de villages, la limite reste fixée à 80 km/h afin de préserver la sécurité de tous.
Modifier la signalisation représente aussi une dépense non négligeable, ce qui est un enjeu important pour les dépenses publiques. Lors de l’abaissement initial de la vitesse en 2018, le coût national se situait entre 6 et 12 millions d’euros. Chaque panneau coûte entre 30 et 80 euros, et leur installation revient à environ 200 à 250 euros. Par exemple, en Haute-Vienne, quelque 200 000 euros ont servi à modifier environ 10 % du réseau routier. Dans le Puy-de-Dôme, le retrait des panneaux indiquant « 80 » a coûté environ 50 000 euros, tandis que dans le Morbihan, l’ajustement sur 344 kilomètres a nécessité un investissement d’environ 180 000 euros.
Quels départements y adhèrent ?
À ce jour, huit départements ont décidé de repasser intégralement à une limitation de 90 km/h sur l’ensemble de leur réseau routier : le Puy-de-Dôme, l’Aveyron, l’Allier, la Corrèze, la Creuse, le Cantal, l’Ardèche et l’Eure (prévu pour 2026). En revanche, quatre départements ne sont pas concernés par cette possibilité : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
D’autres départements ont choisi de ne modifier la limitation que sur certains tronçons. Parmi eux, on compte notamment la Lozère, l’Orne, l’Yonne et la Côte-d’Or. Ces territoires ont sélectionné avec soin les routes sur lesquelles il est jugé savoir augmenter la vitesse tout en gardant une vigilance particulière sur les zones sensibles, comme les passages en village ou les configurations routières compliquées.






