Les ralentisseurs, qu’on appelle souvent dos d’âne, se retrouvent partout sur nos routes françaises. Avec près de 450 000 installations dans tout le pays, la disparition des ralentisseurs pourrait transformer le paysage routier. Ils sont là pour forcer les automobilistes à lever le pied et ainsi améliorer la sécurité routière. Néanmoins, la grande majorité de ces ouvrages ne respecterait pas les normes en vigueur, ce qui soulève à la fois des questions de sécurité et des soucis financiers pour les collectivités locales.
Un souci de conformité généralisé
D’après la Ligue de défense des conducteurs (qui milite pour les droits des automobilistes), environ 90% des ralentisseurs français ne respecteraient pas la loi. En effet, ils dépassent souvent la hauteur maximale autorisée de 10 centimètres. Pour vous donner une idée, certains dos d’âne atteignent 19 centimètres. Le problème se complique encore avec le manque de rampes appropriées, occasionnant ainsi des dégâts sur les voitures.
Cette situation fait aussi grimper les risques sur la route. Les conducteurs se plaignent notamment du vacarme des suspensions lorsqu’ils passent sur ces obstacles mal entretenus. Un coordinateur de la Fédération des Motards en Colère de Haute-Garonne raconte que « toutes les voitures qui passent frottent et s’arrêtent pratiquement ».
Conséquences financières pour les collectivités
Adapter ces installations aux normes représente un sacré investissement pour les collectivités locales. Par exemple, à Toulouse, transformer un simple ralentisseur en « plateau ralentisseur » a coûté 80 000 euros. Sur l’ensemble du territoire, la démolition des dos d’âne irréguliers pourrait représenter une enveloppe de 5 à 7 milliards d’euros. Pour que vous ayez une idée, près de 10 milliards d’euros ont déjà été dépensés dans ces constructions depuis 2012.
Face à ces dépenses de taille, les collectivités locales doivent faire des choix. Comme l’a affirmé un vice-président de Toulouse Métropole, il faut d’abord investir dans les ralentisseurs jugés les plus dangereux.
Actions juridiques et implications
Le cadre légal des ralentisseurs a récemment changé grâce à une décision du Conseil d’État fin 2023. Ce dernier a annulé un arrêt antérieur et a posé clairement que tous les ralentisseurs doivent se conformer au décret 94-447. Cette décision vise à freiner la construction future d’infrastructures non conformes et rappelle à ceux qui gèrent les routes leurs responsabilités en cas d’accident.
Malgré cette décision, certaines associations, comme Pour Une Mobilité Sereine et Durable, n’ont pas dit leur dernier mot et continuent de mener environ 200 procédures contre ces installations qui ne respectent pas la loi.




