La marque française lèvera, le 27 mai, le voile sur son premier SUV électrique, baptisé Alpine A390, une machine attendue avec impatience par les passionnés. Pour ne pas tourner le dos à ses 70 ans d’histoire mécanique, Alpine a choisi une stratégie pour le moins étonnante.
Alpine A390 : un SUV électrifié mais pas silencieux
Le secteur de l’automobile est devenu un terrain glissant pour les marques historiques. Alors que l’électrique étouffe les bruits moteurs sous un silence clinique, Alpine refuse de capituler. Avec l’A390, le constructeur entend « faire vibrer un faux moteur thermique » en s’appuyant sur un système audio spécifique.
Un faux vrombissement qui ne sortira pas d’un échappement mais bien de haut-parleurs Devialet, habilement intégrés. Alpine parle de l’Alpine Drive Sound, une innovation sonore où « deux sons distincts seront diffusés à l’intérieur pour « améliorer l’expérience du conducteur » », selon 01net.com. Cette solution cherche à concilier nostalgie et modernité, en glissant sous le capot… de simples ondes sonores.
Un Sport Fastback et non un SUV
Interrogés au dernier Mondial de l’Automobile de Paris, les responsables de la marque avaient insisté : plus qu’un « SUV », l’A390 est avant tout un « Sport fastback », une dénomination bien plus raffinée, selon eux. L’A390 empruntera certes la plateforme du Renault Scénic E-Tech Electric, mais après une série de transformations destinées à aiguiser son agilité. Un petit clin d’œil à l’ADN de Alpine, qui n’a jamais toléré la lourdeur.
Côté gabarit, cette prétendue sportive familiale s’étire sur 4,62 mètres de long et s’élève à 1,53 mètre de haut. Suffisant pour héberger cinq passagers sans avoir l’air d’un tank. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas : sous cette carrosserie musclée, la promesse reste bien de 500 chevaux électriques répartis entre trois moteurs (un à l’avant, deux à l’arrière). De quoi, sur le papier, écraser les prétentions des SUV traditionnels.
Faux moteur thermique, vraie stratégie : un pari risqué ?
Peut-on réellement raviver la magie des moteurs thermiques avec une bande-son, même signée par un spécialiste comme Devialet ? La question reste entière. Si le système semble séduire en usage sportif, l’illusion sonore s’essouffle rapidement : à haute vitesse, le faux moteur évoque bien une mécanique thermique classique, mais son intensité répétitive finit par lasser.
Le coût émotionnel de cette imitation acoustique sera-t-il accepté par les puristes ? Alpine, lucide, ménage ses arrières. Une version à deux roues motrices, moins onéreuse, est déjà annoncée pour 2026 selon Caradisiac.com. L’Alpine A390 tentera donc d’élargir sa clientèle sans trahir totalement son passé, en laissant au conducteur la possibilité de régler l’intensité sonore depuis l’écran central de bord. Une façon adroite de transformer le moteur thermique… en simple option parmi d’autres.






