L’Allemagne sur le point de décider ce que beaucoup d’automobilistes européens attendent : la réduction des taxes sur le carburant

Le gazole a frôlé les 3 euros le litre à Berlin, l’Allemagne réagit avec une baisse de taxe surprise. Les frontaliers alsaciens vont-ils retrouver le chemin des pompes d’outre-Rhin ?

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L'Allemagne sur le point de décider ce que beaucoup d'automobilistes européens attendent : la réduction des taxes sur le carburant
L’Allemagne sur le point de décider ce que beaucoup d’automobilistes européens attendent : la réduction des taxes sur le carburant © L'Automobiliste

L’Allemagne a adopté une baisse des taxes sur le carburant, essence et gazole confondus, de 17 centimes par litre. La mesure entrera en vigueur jeudi prochain, le 1er octobre 2026, et restera effective durant trois mois, jusqu’à la fin de l’année, confirme L’Automobile Magazine. Le texte a été approuvé par les deux chambres du Parlement allemand.

Concrètement, la baisse de la taxe sur l’énergie s’élève à 14 centimes, portée à environ 17 centimes une fois la TVA prise en compte. Pour un automobiliste, particulier ou professionnel, l’économie représente 8,50 € sur un plein de 50 litres.

Le coût de l’opération est chiffré à 2,5 milliards d’euros pour le gouvernement allemand, une facture partagée entre l’État fédéral et les Länder. Ce n’est pas une première : en mai et juin 2026, une précédente baisse des taxes avait déjà coûté 1,6 milliard d’euros aux finances publiques.

Cette intervention répond à une flambée des prix à la pompe. Le litre d’essence Super-Plus a franchi la barre des 3 euros à Berlin le 17 septembre 2026, selon Les Echos. Le prix moyen du diesel dans les stations-service a lui aussi atteint un record, à 2,47 euros, d’après l’association d’automobilistes ADAC. Dans de nombreuses stations, le gazole s’est approché des 3 euros le litre.

Cette hausse tient en grande partie à des tensions extérieures. La guerre au Moyen-Orient, notamment en Iran avec la situation au détroit d’Ormuz, ne montre aucun signe d’accalmie et tire les prix vers le haut. Donald Trump laisse par ailleurs planer le doute sur un possible arrêt des exportations de gazole vers l’Europe. Les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine perturbent lourdement les importations de pétrole allemandes.

Un geste politique pour la CDU, qui prépare aussi un plafond des prix

L’initiative vient de la CDU, le parti du chancelier, qui sort des élections régionales de début septembre 2026 avec des résultats jugés désastreux, battue dans plusieurs régions par l’AfD et par Die Linke. Sans majorité absolue, la CDU a besoin d’un regain de popularité, et cette réduction de taxes pourrait y contribuer. Le partage du coût entre l’État fédéral et les Länder rend toutefois difficile d’y voir une simple manœuvre électorale.

Merz a défendu la mesure en expliquant que ceux qui dépendent de leur voiture au quotidien atteignent leurs limites, et en affirmant : « Nous montrons que nous sommes résilients face à la crise et que nous aidons les citoyennes et citoyens ». L’économie réalisée ne suffira toutefois pas à compenser des mois de hausses successives.

Le gouvernement prépare également un plafonnement des tarifs des carburants, corrélé à l’évolution réelle du prix du pétrole. Sa mise en place, discutée avec le secteur pétrolier, devrait intervenir au plus tard le 1er janvier 2027.

La baisse allemande pourrait aussi relancer le Tanktourismus, ce déplacement transfrontalier vers les stations moins chères qui a longtemps fait la réputation des pompes outre-Rhin. Ces dernières semaines, les automobilistes alsaciens n’avaient guère intérêt à traverser le Rhin, le gazole y frôlant lui aussi les 3 euros comme en France. Avec la baisse annoncée, les prix pourraient se rapprocher à nouveau de la barre des 2 euros de ce côté de la frontière.

La mesure est loin de faire l’unanimité en Allemagne. Elle répond à une demande récurrente des automobilistes mais essuie des critiques sur son caractère non ciblé. « C’est coûteux, à courte vue et peu ciblé », a résumé Ramona Pop.

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