Le 27 mai 2025, l’ACEA a publié ses statistiques consolidées sur les immatriculations de voitures particulières dans l’Union européenne. Derrière un recul modéré de 1,2 % sur les quatre premiers mois de l’année, l’analyse détaillée met en lumière des écarts massifs entre motorisations, pays et constructeurs.
Marché automobile européen : l’électrique s’impose, les moteurs thermiques décrochent
Depuis le début de l’année, 3,64 millions de voitures neuves ont été immatriculées dans l’Union. Si les volumes globaux restent quasiment stables, la composition du parc change radicalement. Les véhicules électriques à batterie atteignent 558 262 unités, en hausse de 26,4 % par rapport à 2024. Leur part de marché atteint désormais 15,3 %, contre 12 % l’an dernier à la même période.
Les hybrides simples progressent encore plus nettement et représentent désormais 35,3 % des ventes avec plus de 1,28 million d’unités. Même les hybrides rechargeables enregistrent une croissance, quoique plus contenue, atteignant près de 288 000 immatriculations. En revanche, les motorisations thermiques traditionnelles décrochent à grande vitesse.
Les voitures à essence reculent de plus de 20 % avec un peu plus d’un million d’unités enregistrées. Le diesel, en chute libre depuis plusieurs années, descend à 348 000 immatriculations, soit à peine 9,6 % du marché.
| Motorisation | Immatriculations | Part de marché (%) | Évolution vs 2024 (%) |
|---|---|---|---|
| Essence | 1041176 | 28.6 | -20.6 |
| Diesel | 348050 | 9.6 | -26.4 |
| Hybride (HEV) | 1285486 | 35.3 | 20.8 |
| Hybride rechargeable (PHEV) | 287850 | 7.9 | 7.8 |
| Électrique (BEV) | 558262 | 15.3 | 26.4 |
Un marché automobile très fragmenté en Europe
L’évolution du marché n’est pas homogène d’un pays à l’autre. L’Allemagne, moteur traditionnel du secteur, joue un rôle central dans la croissance du véhicule électrique avec plus de 158 000 BEV enregistrés depuis janvier, en hausse de 42,8 %. Elle est également en tête des ventes hybrides rechargeables avec plus de 88 000 unités, en progression de près de 47 %.
La Belgique affiche aussi une croissance forte, notamment sur l’électrique avec plus de 52 000 immatriculations, tandis que les Pays-Bas, malgré leur maturité, continuent à progresser légèrement. L’Italie se démarque également, avec une envolée de près de 80 % sur les ventes de BEV, stimulée par les politiques locales et l’arrivée de nouveaux modèles à prix intermédiaires.
La France, en revanche, constitue l’exception notable. Les immatriculations de véhicules 100 % électriques y reculent de 4,4 %, tandis que les hybrides rechargeables s’effondrent de 41 %. Seule la catégorie des hybrides simples progresse fortement, avec une hausse de près de 45 %. Ce recul de l’électrique s’explique par la baisse des aides à l’achat, la réforme du bonus écologique et un réseau de recharge toujours inégalement réparti.
| Pays | BEV | Évolution BEV (%) |
|---|---|---|
| Allemagne | 158503 | 42.8 |
| France | 100061 | -4.4 |
| Italie | 29637 | 79.4 |
| Belgique | 52871 | 31.3 |
| Pays-Bas | 41635 | 6.4 |
Constructeurs automobiles : Tesla s’effondre, mais qui gagne ?
Le classement par constructeur reflète fidèlement la recomposition du marché. Volkswagen Group reste le premier vendeur de voitures particulières dans l’Union européenne avec 984 796 immatriculations sur les quatre premiers mois de l’année, en hausse de 4,7 %. Stellantis recule fortement avec 601 595 unités, perdant plus de 11 % de parts de marché.
Le groupe Renault, en revanche, tire parti de ses modèles hybrides et électriques pour progresser de 7,2 %, atteignant plus de 415 000 immatriculations. Toyota, malgré son image de pionnier de l’hybride, enregistre un recul de près de 7 %. Hyundai, BMW, Mercedes-Benz et Ford enregistrent des évolutions contrastées mais restent dans le haut du classement.
La surprise vient des groupes chinois : SAIC, propriétaire de MG, grimpe à plus de 69 000 ventes, en hausse de 52 %, et dépasse Tesla. Le constructeur californien, en recul de 46,1 %, s’effondre à 41 677 unités depuis janvier. Le mois d’avril seul est encore plus parlant : Tesla n’a immatriculé que 5 475 voitures dans toute l’Union européenne, soit une baisse de 52,6 % par rapport à avril 2024. Cette dégringolade est sans précédent pour une entreprise qui, jusqu’à récemment, incarnait la dynamique du véhicule électrique. Elle intervient alors même que le segment progresse fortement, ce qui signifie que Tesla perd des parts de marché, non seulement face aux constructeurs européens, mais aussi face à ses rivaux chinois.
| Constructeur | Immatriculations | Évolution vs 2024 (%) |
|---|---|---|
| Volkswagen Group | 984796 | 4.7 |
| Stellantis | 601595 | -11.1 |
| Renault Group | 415371 | 7.2 |
| Toyota | 313665 | -6.8 |
| Hyundai | 273864 | -5.8 |
| BMW | 246589 | 2.9 |
| Mercedes-Benz | 179093 | -4.5 |
| Ford | 107125 | -2.4 |
| Volvo | 82768 | -18.7 |
| SAIC (MG) | 69771 | 52.4 |
| Tesla | 41677 | -46.1 |


