Nouvelle secousse pour l’industrie pneumatique française. Michelin a annoncé, à l’occasion d’une réunion avec l’intersyndicale, le 25 février 2025, que l’usine de Vannes (Morbihan) fermerait deux mois plus tôt que prévu, soit en septembre 2025 au lieu de novembre. Ce site, employant 299 salariés, est le deuxième touché par la restructuration du groupe après Cholet (Pays-de-la-Loire), dont la fermeture reste fixée à début 2026. Cette décision brutale alimente la colère des syndicats et l’inquiétude des employés.
Salariés sous le choc, les syndicats en colère
L’annonce d’une fermeture avancée à septembre 2025 a frappé de plein fouet les employés de l’usine de Vannes de Michelin, qui s’attendaient encore à plusieurs mois de sursis. Cette décision brutale a immédiatement suscité la colère des syndicats. « C’est une bombe RPS (risques psychosociaux, NDLR) », dénonce Christophe Villate, représentant de la CGT, qui annonce envisager une procédure pour danger grave imminent. La direction de Michelin assure néanmoins que les plans de reclassement seront maintenus et que chaque salarié bénéficiera jusqu’à 24 mois d’accompagnement : « Rien ne change » en matière de mesures d’accompagnement, a ainsi affirmé, auprès de l’AFP, un porte-parole du groupe.
Mais du côté des salariés, la confiance est rompue. Moussa Tang de Sang, représentant de la CFE-CGC, fustige le manque de dialogue social et l’absence de réelle négociation : « On a l’impression de parler à un mur. » La situation pour les employés de l’usine de Cholet, prévue pour être fermée en 2026, est tout aussi tendue. Certains employés, inquiets d’un scénario analogue à celui du site de Vannes, ont déjà exercé leur droit de retrait depuis le 24 février 2025.
Une crise qui ne touche pas que Michelin
La fermeture anticipée de l’usine de Vannes n’était pas imprévisible pour certains. Le groupe Michelin avait en effet tenu à alerter les politiques, par la voix de son PDG, Florent Ménégaux, à l’occasion de son audition devant le Sénat au mois de janvier 2025.
Effondrement des ventes de pneus pour camions et camionnettes en Europe, coûts de production, crise du marché du poids lourd, concurrence asiatique, poids de la fiscalité française, « cauchemar administratif » européen… l’industrie est asphyxiée. Comme l’expliquait le PDG de Michelin : la base de production en Europe est aujourd’hui 91 % plus chère qu’en Asie, et 15 % plus élevée qu’aux États-Unis.
