Une étude du cabinet Xerfi, relayée par Le Figaro, jette le trouble sur l’avenir de l’automobile en France. Selon celle-ci, un quart des emplois de la filière pourrait disparaître d’ici 2040. Une perspective qui inquiète les régions accueillant les usines de fabrication.
Un quart des emplois supprimés dans l’automobile d’ici 2040
L’étude du cabinet Xerfi jette une lumière crue sur l’avenir de l’industrie automobile en France. À l’horizon 2040, près d’un quart des emplois de la filière pourrait disparaître. Alors que les moteurs thermiques sont voués à disparaître en 2035, comme l’a fixé la Commission européenne, c’est toute une chaîne de valeur industrielle qui vacille. Derrière les promesses de croissance verte, la réalité économique cogne aux portières des usines.
La France comptait encore 390 000 salariés dans la filière automobile en 2015. Dix ans plus tard, ils ne sont plus que 336 000. Et selon l’étude de Xerfi, dévoilée par Le Figaro, ce chiffre chutera à 261 000 en 2035. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), en résume l’ampleur : « En quinze ans, la filière automobile aura perdu près de 115 000 emplois. »
Les chiffres sont impitoyables. Un emploi sur quatre pourrait donc s’évaporer d’ici 2040, voire dès 2035 selon les hypothèses. La conversion accélérée vers le véhicule électrique n’est pas seulement technologique : elle est sociale, brutale, et sans doute insuffisamment préparée. Là où un moteur thermique nécessite environ 2 000 pièces, une motorisation électrique n’en réclame qu’une vingtaine. Fini les rampes d’injection, les arbres à cames, les carters et les vidanges. Résultat ? Moins d’entretien, moins de réparations, moins d’emplois.
Les garagistes, les sous-traitants, les fabricants de pièces détachées : tous sont dans la ligne de mire. Sans parler des pompistes : la France perd en moyenne 100 stations-service chaque année. La perte d’emplois s’annonce transversale, touchant tous les maillons du secteur.
Vente en panne, transition à l’arrêt : la double peine industrielle
Loin des discours technophiles, les ventes d’automobiles sont elles aussi en recul. Depuis le début de l’année 2025, elles ont chuté de 8 %. Pire encore : la production a diminué de 28 % par rapport à l’avant-Covid. La France vend aujourd’hui autant de voitures qu’en 1973, et en fabrique autant qu’en 1960.
Et l’électrique ? Sa percée commerciale reste poussive. Sa part de marché stagne à 15 %. L’objectif européen, qui vise une part nettement supérieure d’ici 2035, semble de plus en plus hors d’atteinte.
La stratégie publique est-elle en phase avec les réalités du terrain ? Les acteurs dénoncent une transition subie, non accompagnée, vécue comme une injonction écologique plus que comme un projet industriel. Derrière l’ambition verte, la filière voit rouge. Comme le rappelait Luc Chatel dans Le Figaro, il est temps de repenser un modèle français de la mobilité industrielle.






