Renault concrétise un projet attendu depuis plusieurs décennies : un musée entièrement dédié à son histoire et à son patrimoine automobile ouvrira ses portes en 2027 à Flins. Le site rassemblera voitures, documents, objets et œuvres liées à l’univers de la marque.
Le 24 juin 2025, Renault a officiellement confirmé l’ouverture d’un musée à Flins-sur-Seine (Yvelines), prévue pour 2027. Ce futur équipement culturel et patrimonial a pour objectif de valoriser 125 ans d’histoire automobile et industrielle de la marque au losange. Cette initiative fait suite à la fermeture en 2016 de l’ancien espace muséal de Boulogne-Billancourt et vise à offrir un lieu accessible au grand public, aux passionnés et aux professionnels de l’automobile.
Une implantation sur un site historique du groupe Renault
Le choix du site de Flins ne relève pas du hasard. L’usine Renault y a été mise en service en 1952, avant de connaître une profonde reconversion ces dernières années avec la création de la Refactory, dédiée au reconditionnement de véhicules d’occasion et à l’économie circulaire. C’est à l’entrée de ce site industriel que sera construit le bâtiment du musée, sur une surface de 11 500 mètres carrés.
Ce nouvel édifice, conçu par l’architecte Jacob Celnikier, reposera sur une architecture en gradins formée de six volumes imbriqués, à l’apparence sobre mais moderne. Le parti pris architectural vise à intégrer le bâtiment dans le paysage industriel tout en mettant en valeur sa fonction muséale. La transparence de la façade permettra d’apercevoir certaines pièces majeures depuis l’extérieur.
Un contenu riche et structuré autour de la collection Renault
Le cœur du musée reposera sur la collection de véhicules conservée par Renault. Environ 600 voitures y seront présentées, depuis la Type A de 1898 jusqu’aux modèles les plus récents ou innovants, en passant par les véhicules d’avant-guerre, les Alpine historiques, les Formule 1, les voitures de rallye et les concept-cars. Ces modèles seront exposés de manière horizontale au sol ou verticalement sur des racks de présentation.
Un espace de 800 mètres carrés sera consacré aux archives : dessins techniques, affiches, objets promotionnels, miniatures, trophées, photographies historiques et documents rares. Parmi les pièces les plus notables figurent des clichés de Robert Doisneau et Robert Frank, témoins d’une époque industrielle et sociale marquante. Cette section permettra d’explorer l’évolution du design, de l’ingénierie et de la communication au sein du groupe.
Le musée intégrera également une zone de restauration visible du public, permettant d’observer les opérations de maintenance sur les véhicules anciens. Une grande halle événementielle de 2 800 mètres carrés pourra accueillir des expositions temporaires, des présentations de véhicules, ou des événements liés à l’histoire de la mobilité.
Un projet conçu pour évoluer et dialoguer avec le public
L’approche retenue par Renault ne se limite pas à une exposition statique. Le musée prévoit l’organisation d’ateliers pédagogiques, de résidences pour artistes contemporains et d’animations destinées à divers publics. Cette dimension vivante s’inscrit dans la volonté de faire du site un lieu d’échange autour de l’innovation, de la mémoire industrielle et de la culture automobile.
La collection n’est pas figée : Renault prévoit des opérations régulières d’enrichissement ou de rotation, notamment à travers des ventes aux enchères pour optimiser l’inventaire. Une première vente, pilotée par Artcurial, est annoncée pour décembre 2025.
Un projet structurant pour l’image de Renault
Longtemps attendue par les amateurs et les historiens de l’automobile, cette initiative place Renault au niveau des autres constructeurs français et européens déjà dotés d’espaces muséaux significatifs. Peugeot (musée de Sochaux), Citroën (conservatoire d’Aulnay), Matra (Romorantin) ou Mercedes-Benz et Porsche (Stuttgart) disposent depuis longtemps de lieux d’exposition permanente. Le musée Renault permettra à la marque d’affirmer une identité industrielle forte et de partager son récit avec les générations futures.
L’ouverture du musée s’inscrit aussi dans une stratégie plus large de valorisation du patrimoine, à une période où la transition vers la mobilité électrique modifie profondément les repères de l’industrie automobile. Ce lieu devrait devenir un point de passage pour les visiteurs de l’ouest parisien, à proximité de Giverny ou de la vallée de la Seine.






