Le 15 juin 2025, Renault a annoncé la démission de Luca de Meo, directeur général depuis 2020 ; un départ programmé pour le 15 juillet 2025, au cœur d’une stratégie électrique ambitieuse.
Luca de Meo : Un stratège de l’électrique quitte Renault
Luca de Meo a incarné la renaissance traduite par la “Renaulution”, orientée vers l’électromobilité, la marge et la montée en gamme ; un positionnement confirmé par la création d’Ampère, entité dédiée aux véhicules électriques, dirigée depuis avril 2025 par Josep Maria Recasens . Sous sa direction, Renault a lancé la Renault 5 E‑Tech, produite dans l’usine ElectriCity à Douai . Comme l’exprimait De Meo en 2024 : « La Renaulution vise à faire passer Renault d’un constructeur de volumes à un acteur de valeur ».
Le départ d’un PDG, quelles conséquences pour la stratégie électrique ?
Le départ de De Meo intervient dans une phase critique : le plan Futurama, prévu pour fin 2025, dépendra de la capacité du nouvel exécutif à poursuivre cette mutation. Le président du conseil, Jean‑Dominique Senard, a affirmé que « les chantiers stratégiques se poursuivront sans rupture » . Toutefois, le risque de ralentissement est réel si le successeur n’apporte pas une expertise électrique approfondie.
L’industrie automobile fait face à de nouveaux défis sous le signe de l’électrique
Forces :
- L’entité Ampère réunit près de 10 000 salariés pour promouvoir l’électrique et renforcer la chaîne de valeur .
- Le lancement de la Renault 5 E‑Tech consolide l’offre dans le segment B, clé pour la pénétration du marché .
Défis :
- La concurrence accumule les moyens : Tesla, BYD et les constructeurs chinois intensifient leur présence en Europe.
- La filière est soumise à des contraintes réglementaires comme Euro 7 et doit sécuriser l’approvisionnement en batteries, matières premières et composants critiques .
- Le plan industriel Re‑Factory dans le Nord vise la circularité et la souveraineté, mais il exige des investissements lourds à long terme .
Le profil requis pour le prochain PDG de Renault
Pour assurer la continuité, Renault devra nommer un dirigeant alliant expertise technique et capacités stratégiques : pilotage de la filière VE, relations étroites avec l’État, l’alliance Nissan et les investisseurs. Le prochain PDG devra impulser l’industrialisation massive de l’électrique, tout en ménageant les marges et en tirant parti des synergies industrielles.
Avec le départ de Luca de Meo, qui rejoint le groupe de luxe Kering, Renault amorce une nouvelle phase de son virage électrique. Si la relève assure la continuité du plan Futurama, Renault peut consolider son positionnement VE et affirmer son ambition industrielle et technologique. Mais tout dépendra du leadership à venir : une trajectoire tracée qu’un nouveau pilote devra mener sans bifurcation.






