La hausse du carburant en France prend sa source dans une crise qui dépasse les frontières du pays. Les difficultés de transport du pétrole au Moyen-Orient pèsent sur les marchés, puis sur les prix à la pompe. Le 24 septembre 2026, Emmanuel Macron a annoncé une contribution militaire française à la protection d’un terminal saoudien. Sur le plan fiscal, il garde la possibilité d’agir, sans annoncer de baisse des taxes.
Yanbou, une route pétrolière devenue essentielle
Quand le passage par le détroit d’Ormuz est perturbé, l’Arabie saoudite dispose d’une autre voie pour exporter son pétrole. Son oléoduc Est-Ouest traverse le pays et rejoint Yanbou, sur la mer Rouge. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), cette infrastructure peut transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour, dont 5 millions destinés à l’exportation. Ces chiffres décrivent sa capacité maximale, pas les volumes effectivement expédiés. Or cette route de remplacement connaît elle aussi des difficultés. Dans son rapport de septembre 2026, l’EIA indique que les exportations au départ de Yanbou ont baissé d’environ moitié en août par rapport à juillet, d’après les estimations qu’elle utilise. Les perturbations dans le sud de la mer Rouge compliquent notamment les livraisons vers l’Asie. Une partie des cargaisons emprunte désormais le canal de Suez, au prix d’un trajet plus long pour ces clients.
C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de militaires, de radars et de systèmes de Défense pour contribuer à protéger le site de Yanbou. Lors de son entretien sur TF1 et France 2, il a présenté cette opération comme une mission de protection, sans participation française aux combats opposant l’Arabie saoudite aux Houthis. Le nombre de personnels et le calendrier précis du déploiement n’ont pas été détaillés au cours de l’entretien. Cette décision s’ajoute aux démarches diplomatiques engagées autour du détroit d’Ormuz et au projet de discussion entre pays du G7 sur leurs stocks d’énergie. L’objectif est de faciliter la circulation des hydrocarbures et de réduire les tensions sur les marchés. Même si la situation s’améliore à Yanbou, une baisse immédiate du carburant dans les stations françaises ne peut être tenue pour acquise : le prix payé par l’automobiliste dépend aussi des produits raffinés, du transport et de la distribution.
Prix du carburant : les aides précèdent toute décision fiscale
Pour les conducteurs, la crise se mesure d’abord au moment de faire le plein. Le relevé du ministère chargé de l’énergie fixait le prix moyen national du gazole à 2,38 euros le litre le 18 septembre, soit environ neuf centimes de plus qu’une semaine auparavant. Cette progression pèse particulièrement sur les personnes qui ne peuvent éviter les trajets en voiture. Le risque de manquer de carburant constitue une autre inquiétude, que le président a cherché à dissiper pour les prochains mois. Il affirme que la France a préparé ses approvisionnements en diesel, en gaz et en fioul jusqu’à la fin de 2026. Cette assurance a une limite dans le temps. Si les perturbations persistent, les besoins de 2027 devront être couverts à leur tour. Dans son scénario de septembre, l’EIA prévoit d’ailleurs que les flux pétroliers du Moyen-Orient resteront contraints durant le dernier trimestre de 2026.
Reste la question des taxes, sur laquelle le chef de l’État a infléchi son discours sans prendre de décision. Le prix du carburant comprend notamment une accise et la TVA. Agir sur ces prélèvements pourrait alléger le coût d’un plein, mais réduirait aussi les recettes publiques et profiterait à tous les acheteurs, indépendamment de leurs revenus. Emmanuel Macron préfère, à ce stade, soutenir les personnes et les métiers les plus exposés à la hausse. Le gouvernement a ainsi annoncé le 22 septembre la prolongation de l’aide aux travailleurs qui parcourent de longues distances, ainsi que des mesures pour la pêche, l’agriculture et le bâtiment. Il souhaite également proposer, dans le budget 2027, un mécanisme affectant d’éventuelles recettes fiscales supplémentaires à l’aide contre la crise énergétique. Pour l’instant, les automobilistes ne bénéficient donc d’aucune baisse générale des taxes sur le carburant. Le président indique seulement qu’il pourrait reconsidérer cette option si les prix continuaient de monter.
