Le gouvernement espagnol se lance dans une nouvelle approche pour la sécurité sur la route en testant, pour la première fois, une limitation de vitesse variable sur l’autoroute AP-7. Un tronçon de la route voit sa vitesse s’ajuster en temps réel grâce à l’intelligence artificielle (IA). D’après Franceinfo (diffusé le jeudi 24 avril 2025), ce projet pourrait bien transformer la gestion des limitations de vitesse.
Une technologie qui s’adapte sur l’autoroute AP-7
L’expérimentation se fait sur un tronçon de 150 kilomètres de l’autoroute AP-7, reliant Maçanet de la Selva (près de Gérone) à El Vendrell (vers Tarragone). Le projet repose sur un algorithme sophistiqué qui ajuste la vitesse maximum en fonction des conditions de circulation. En effet, le système recueille plein d’infos comme la météo, la densité du trafic et l’état de la chaussée. Des capteurs, des caméras et des radars connectés analysent tout cela pour afficher, en temps réel, la vitesse dite optimale sur des panneaux électroniques.
Ce dispositif prévoit aussi le développement d’un outil prédictif qui devrait estimer, sur un tronçon précis, les probabilités d’accident pour améliorer la sécurité lors d’incidents routiers. Actuellement, la limitation de vitesse max autorisée sur cette partie est de 120 km/h. Mais par temps clément, avec une route peu fréquentée et une visibilité parfaite, elle pourrait monter jusqu’à 150 km/h. À l’inverse, en cas de pluie ou d’incident, la vitesse serait réduite à 100 km/h ou même en dessous, histoire d’assurer la sécurité.
Des ambitions et quelques interrogations
Les buts de ce projet sont multiples :
- anticiper les embouteillages,
- réduire les risques liés aux conditions de circulation et
- diminuer la sécurité routière.
En ajustant les vitesses selon la réalité du moment, on espère aussi réduire la consommation d’essence ainsi que les rejets de CO2. Ceci dit, certaines associations de sécurité routière ne sont pas rassurées par l’idée de faire grimper la vitesse jusqu’à 150 km/h. Elles rappellent, notamment en se basant sur des exemples des Pays-Bas, qu’une diminution de la vitesse maximum n’avait pas permis d’améliorer nettement la sécurité ni de diminuer la pollution.
Comparaison avec ce qui se fait en France
En France, un système similaire existe déjà, mais ce sont des opérateurs humains dans un centre de gestion qui décident des vitesses adaptées en fonction des situations, contrairement à la signalisation routière automatisée en Espagne. À la différence de l’Espagne, ici, c’est l’IA qui se charge de tout en s’appuyant sur des données en temps réel. Par ailleurs, même si des essais de véhicules à grande vitesse sont autorisés sur route ouverte, aucune dérogation concernant la limitation de vitesse n’est accordée en France.
Ainsi, cette approche espagnole pourrait bien inspirer d’autres pays européens, y compris la France, à adopter ce genre de mesures si l’expérience s’avère positive.
Et pour la suite
Selon les résultats obtenus durant cette expérimentation, d’autres nations pourraient se lancer dans l’adoption de ce système pour améliorer la sécurité sur leurs routes. Ce projet s’inscrit dans une démarche globale visant à multiplier les radars et à lancer davantage de campagnes de prévention.






