Waymo (Alphabet) : 250.000 trajets par semaine, bientôt la rentabilité ?

Les performances financières de Waymo restent enfouies dans la ligne “Other Bets”, qui regroupe toutes les activités hors cœur de métier.

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Waymo (Alphabet) : 250.000 trajets par semaine, bientôt la rentabilité ? © L'Automobiliste

Entre prouesse technologique et pari industriel à long terme, Waymo, la filiale de véhicules autonomes d’Alphabet, avance en silence. Mais peut-on vraiment ignorer un service qui effectue un quart de million de trajets autonomes chaque semaine ?

Le 24 avril 2025, dans le sillage des résultats financiers éclatants d’Alphabet, une donnée singulière a suscité l’attention des observateurs : Waymo, sa filiale dédiée à la conduite autonome, revendique plus de 250 000 trajets autonomes hebdomadaires. Un chiffre vertigineux, glissé dans les documents financiers comme une simple parenthèse. Pourtant, cette performance en dit long sur la stratégie d’Alphabet, qui voit en l’autonomie une nouvelle frontière de l’innovation… et de la rentabilité.

Alphabet muscle sa communication autour de Waymo

Jusqu’ici, Waymo était l’énigme bien rangée dans le portefeuille « Other Bets » d’Alphabet, aux côtés d’initiatives encore embryonnaires comme Verily (santé) ou Wing (livraison par drones). Mais au premier trimestre 2025, Waymo sort de l’ombre. Alphabet mentionne désormais explicitement son volume de courses autonomes hebdomadaires, indiquant que la division enregistre « 250 000 trajets par semaine dans ses zones d’opération », selon les résultats fournis le 24 avril 2025.

La source en question ne ment pas : à raison de 250 000 trajets par semaine, ce sont plus de 13 millions de trajets annuels potentiels. Or, selon la rétrospective publiée par Waymo en décembre 2024, la société avait déjà effectué plus de 4 millions de trajets autonomes sur l’année civile écoulée, répartis entre Phoenix, San Francisco, Los Angeles et Austin. Elle annonçait alors servir 150 000 trajets hebdomadaires. Une progression de près de 66 % en seulement quatre mois.

250 000 trajets… mais encore aucune rentabilité en vue

Malgré ces volumes impressionnants, les performances financières de Waymo restent enfouies dans la ligne “Other Bets”, qui regroupe toutes les activités hors cœur de métier. Pour le premier trimestre 2025, cette ligne enregistre 450 millions de dollars de chiffre d’affaires, contre 495 millions l’an passé. Pire : les pertes d’exploitation passent de 1,02 milliard à 1,23 milliard de dollars, comme le montre le rapport officiel d’Alphabet. Autrement dit : plus de courses, mais toujours autant de déficit.

Cela n’empêche pas Sundar Pichai de soigner la narration. Dans son commentaire officiel du 24 avril, le PDG d’Alphabet ne manque pas d’intégrer Waymo dans le récit global de l’innovation : « Nous avons connu un trimestre exceptionnel alors que nous déployons Gemini 2.5 dans l’ensemble de nos activités. Nos services s’étendent, y compris les courses autonomes, pour répondre aux nouveaux besoins de mobilité. »

Le modèle de Waymo peut-il s’imposer ?

Waymo exploite désormais un réseau de véhicules 100 % électriques, circulant dans quatre grandes agglomérations américaines sur une surface combinée de près de 500 miles carrés, selon la société elle-même. Elle vise désormais Atlanta et Austin sur l’application Uber, et prépare même un lancement à Tokyo en partenariat avec Nihon Kotsu.

Mais l’entreprise évolue dans un univers réglementaire et concurrentiel ultra-exigeant. Tesla avance ses solutions en parallèle. Cruise (General Motors) tente de redémarrer après plusieurs scandales. Amazon, via Zoox, s’impatiente.

Waymo, de son côté, multiplie les partenariats locaux, notamment avec des hôpitaux pour les patients aveugles ou des associations de voyageurs neurodivergents. Son objectif ? Se positionner comme le service le plus inclusif du marché. Un positionnement intelligent, mais encore coûteux. Une chose est sûre : Alphabet a décidé d’assumer cet investissement stratégique sur le long terme. Et dans un groupe capable de générer 34 milliards de dollars de bénéfice net en un trimestre, le luxe d’attendre devient… stratégique.

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