Depuis le début du XXIe siècle, le paysage ferroviaire chinois a connu une transformation spectaculaire. En moins de deux décennies, la Chine est passée d’un réseau ferroviaire relativement lent à l’un des systèmes de trains à grande vitesse les plus denses au monde. Cette évolution pose des questions sur la rentabilité des vols longues distances, surtout avec l’arrivée du très innovant CR450, un train à grande vitesse qui pourrait redéfinir les normes du transport à l’échelle mondiale.
Un réseau ferroviaire qui s’étend à toute vitesse
La République populaire de Chine a beaucoup investi dans son infrastructure ferroviaire depuis 2008, dans le cadre d’un plan de relance économique ambitieux, reflétant une stratégie gouvernementale similaire dans d’autres secteurs de transport. Le résultat : un réseau de 48 000 km de lignes à grande vitesse à la fin de 2024, soit 70 % de l’ensemble mondial des lignes ferroviaires de ce type, selon le South China Morning Post. Ce déploiement rapide a surtout favorisé les corridors entre les mégapoles du littoral, comme Pékin et Shanghai, où le trafic est intense — 52 millions de passagers ont été transportés sur cette ligne en 2024, d’après l’Asia Times.
Pour autant, cette expansion ne gomme pas toutes les différences régionales. À l’intérieur des terres, plusieurs trajets affichent des taux de remplissage très faibles, ce qui a entraîné la fermeture de « gares fantômes », signe de sous-utilisation de certaines infrastructures.
Le CR450 : ce qu’il propose
Le CR450, présenté par le China State Railway Group, est le point d’orgue des efforts chinois dans le ferroviaire. Ce train peut atteindre des vitesses visée commerciales de 400 km/h, avec des essais jusqu’à 450 km/h. Parmi ses points forts :
- une réduction de la résistance aérodynamique de 22 %, ce qui améliore l’efficacité énergétique,
- un confort pensé à la manière de l’aéronautique.
Sur le plan technique, le CR450 se distingue par sa capacité à freiner sur une courte distance : il peut s’arrêter complètement en 6,5 km. Cette performance repose sur des avancées comme des systèmes de traction à aimants permanents refroidis par eau et un nez profilé qui limite la résistance.
Côté économie et environnement
Même si le ferroviaire chinois se développe vite, des questions restent sur la viabilité économique d’un réseau à très grande vitesse, ce qui reflète une tendance globale de modernisation ferroviaire. Faire circuler des trains à 400 km/h pose des défis, notamment en matière de coûts de maintenance et de risques techniques, comme la perte de contact entre le pantographe et les câbles d’alimentation (phénomène appelé le « mur de la caténaire »). Le CR450 cherche toutefois à montrer que la vitesse n’entraîne pas forcément des coûts prohibitifs, en pariant sur des gains d’efficacité énergétique.
Sur le plan environnemental, le CR450 est présenté comme une option décarbonée qui pourrait transformer le transport domestique. Cette logique rejoint l’objectif stratégique de la Chine de prouver que la grande vitesse ferroviaire est faisable et durable, conformément aux objectifs de réduction des émissions de carbone.





