Le chancelier allemand Friedrich Merz est très inquiet de l’interdiction de vente des voitures à moteurs thermiques en 2035. De son côté, Emmanuel Macron maintient l’objectif mais appelle à certaines souplesses pour l’industrie automobile.
Emmanuel Macron persiste et signe sur la fin des moteurs thermiques
Le président de la République a tenu à clarifier sa position : l’échéance de 2035 pour mettre fin à la vente des voitures thermiques neuves en Europe reste, selon lui, la bonne direction. « L’objectif de 2035 est bon parce qu’il aligne les acteurs vers un même objectif. Il incite à changer les pratiques et crédibilise les investissements faits ». Le chef de l’État a ainsi souhaité dissiper toute ambiguïté sur la position française face au débat qui agite actuellement Bruxelles.
Alors que le chancelier allemand Friedrich Merz plaide pour une révision du calendrier, la France maintient le cap. Le gouvernement, soutenu par l’Espagne, continue de défendre cette interdiction européenne des voitures thermiques neuves en 2035, conformément à l’accord adopté par le Parlement et le Conseil européens en 2023. Paris et Madrid ont récemment réaffirmé leur soutien à cette mesure, jugée cruciale pour atteindre la neutralité carbone du continent d’ici 2050.
Le chef de l’État a rappelé les enjeux industriels de ce virage écologique. « Si demain on abandonne l’objectif de 2035, oubliez les usines de batteries électriques européennes (…), on détricote tout ce qu’on a fait sur les batteries », a-t-il prévenu. Cette déclaration illustre la volonté de la France de protéger la filière automobile européenne, déjà engagée dans des investissements massifs pour la production de véhicules électriques et de batteries.
Des flexibilités envisagées pour une transition plus réaliste
Pour autant, Emmanuel Macron n’ignore pas les difficultés que cette mutation rapide peut engendrer pour les constructeurs et les salariés du secteur automobile. « Il faut qu’on soit intelligent, garder nos emplois, il ne faut pas que ce soit un couperet qui tombe de manière complètement aveugle », a-t-il nuancé. Le président plaide donc pour des ajustements, notamment en matière de technologies alternatives et d’accompagnement industriel.
Le gouvernement français souhaite ainsi introduire des « flexibilités » dans le dispositif européen. Les ministères de l’Économie et de la Transition écologique défendent une approche de « neutralité technologique », à condition qu’elle reste compatible avec les objectifs climatiques et le maintien des emplois. Cette position viserait notamment à laisser une marge de manœuvre pour les carburants synthétiques ou les motorisations hybrides, dans des proportions encadrées.
La France souhaite également préserver sa compétitivité face aux grands constructeurs asiatiques et américains. Pour Paris, l’objectif n’est pas de fragiliser l’industrie, mais d’éviter une transition brutale. Le président l’a rappelé à Bruxelles : il s’agit de conjuguer écologie et souveraineté industrielle. Cette approche « pragmatique » vise à garantir que la fin des voitures thermiques ne se transforme pas en choc social ou économique pour les territoires dépendants de cette filière.


