Après dix-sept ans d’union, Warren Buffett tourne la page de BYD. L’oracle d’Omaha cède la totalité de la participation de Berkshire Hathaway dans le constructeur chinois, une rupture qui marque la fin d’une aventure fructueuse et qui soulève des doutes sur l’avenir de la marque au moment où son marché domestique ralentit.
Le 22 septembre 2025, Berkshire Hathaway a confirmé son retrait intégral du capital de BYD, scellant un investissement entamé en 2008. En dix-sept ans, l’appui de Warren Buffett aura permis au fabricant chinois de passer de producteur de batteries à géant mondial de l’automobile. Mais ce départ traduit désormais un changement de cap et interroge sur la solidité de BYD face à une concurrence de plus en plus rude.
De l’investissement initial à la montée en puissance
En 2008, Warren Buffett avait misé sur BYD, acquérant environ 225 millions d’actions pour 230 millions de dollars, soit 10 % du capital de l’entreprise selon Reuters. Le pari s’est rapidement révélé gagnant. La valeur de la participation a été multipliée par plus de vingt, atteignant 415 millions de dollars fin 2024. Cette trajectoire illustre l’essor fulgurant du constructeur, devenu une référence mondiale des véhicules électriques.
Cependant, Berkshire Hathaway a commencé à réduire sa position dès 2022, selon Business Standard. Warren Buffett et ses associés ont alors capitalisé sur une envolée de la valorisation, tout en anticipant un marché plus complexe. L’évolution de BYD, soutenue par des innovations constantes et un soutien politique en Chine, a permis de conquérir des parts de marché mondiales, mais la pression s’est accentuée avec la montée de rivaux comme Tesla et Nio.
BYD face au ralentissement : ventes en berne et marges sous pression
Les difficultés récentes expliquent en partie ce désengagement. Les ventes intérieures de BYD, qui représentent près de 80 % des expéditions globales, reculent depuis quatre mois consécutifs à compter d’août 2025. Pour répondre à cette contraction, l’entreprise a réduit son objectif annuel de ventes jusqu’à 16 %, le fixant désormais à 4,6 millions de véhicules.
Ces révisions s’accompagnent d’un constat brutal. Berkshire Hathaway a estimé la valeur de ses actions BYD à zéro au 31 mars 2025, contre 415 millions de dollars fin 2024. Si l’investissement initial a généré un rendement colossal, cette réévaluation reflète une perte de confiance. Les marges de progression apparaissent limitées alors que la guerre des prix fragilise tout le secteur des véhicules électriques en Chine, déjà confronté à un ralentissement économique global.
Implications et ce que cela révèle de la stratégie de Buffett
Pour Warren Buffett, ce désengagement total de BYD est un signal clair. Même les paris les plus fructueux ont une fin. Après dix-sept ans d’accompagnement, Berkshire Hathaway a décidé de tourner la page, privilégiant la préservation de ses gains face à des perspectives jugées incertaines.
Li Yunfei, directeur général branding et relations publiques de BYD, a remercié Berkshire, dans des propos rapportés par Reuters, pour son « investissement, l’aide et la compagnie durant ces 17 ans ». Ce message souligne que du côté de BYD, le retrait est présenté comme une étape normale dans la vie d’un investissement. Pourtant, la décision de Buffett envoie aux marchés un avertissement : même les champions mondiaux peuvent voir leur trajectoire remise en question.



