L’Autorité de la concurrence a récemment frappé fort en infligeant de lourdes sanctions à plusieurs entreprises impliquées dans une entente sur les prix des carburants en Corse. Cette décision pourrait bien changer la donne pour les insulaires, qui voient les prix à la pompe gonfler depuis longtemps, même avec une TVA réduite de 13 % contre 20 % sur le continent. On peut espérer que ces baisse des prix fassent enfin baisser les tarifs et offrent un peu de répit aux automobilistes corses.
Détails sur l’entente et le suivi de l’affaire
Le dossier révèle un accord discret impliquant les Dépôts Pétroliers de la Corse (DPLC), seuls détenteurs des deux sites de stockage de l’île. Entre 2016 et 2022, cet accord, orchestré par les actionnaires de la DPLC – TotalEnergies, Rubis et EG Retail – assurait à ces derniers un droit de passage prioritaire, repoussant les concurrents comme Vito ou Ferrandi.
L’enquête a démarré en décembre 2021 et s’est intensifiée après une plainte déposée par Ferrandi en septembre 2022. Pour rappel, la DPLC était historiquement contrôlée par de grandes multinationales telles que Total, Shell, BP et Esso avant d’être progressivement vendue à Rubis entre 2010 et 2017.
Les chiffres et les amendes
Les sanctions financières ne font pas l’objet de ménagements, avec un total de 187,5 millions d’euros. Auto Plus précise que TotalEnergies Marketing France se voit infliger une amende de 115,8 millions d’euros, tandis que Rubis Energie doit payer 64,2 millions d’euros. Rubis Terminal subit une pénalité de 430 000 euros et EG Retail se voit infliger 7 millions d’euros d’amende. En mars 2025, l’écart moyen des prix avec le continent atteignait 13,4 centimes par litre, et pour le gazole, il était parfois aussi élevé que 20 centimes.
Réactions et suites possibles
Face à cette décision, TotalEnergies prévoit de faire appel. Rubis et EG Retail n’ont pas encore donné leur avis publiquement. Les associations de consommateurs et les élus nationalistes corses ont accueilli ces sanctions avec satisfaction, espérant une baisse significative des prix. Pourtant, les prix restent élevés : le gazole tourne toujours autour de 1,90 euro le litre, et l’essence SP95 avoisine les 2 euros, illustrant une augmentation des carburants.
Des idées législatives commencent à émerger pour encadrer ces tarifs trop élevés, notamment celle du député Colombani qui propose l’instauration d’un prix coûtant pour mieux réguler le marché. Les pompistes indépendants, comme ceux affiliés à Ferrandi, espèrent désormais voir les dépôts pétroliers ouverts à tous de manière plus équitable.






