Les actionnaires de Tesla vont bientôt se réunir pour valider la rémunération pharaonique d’Elon Musk. Le montant : jusqu’à 1 000 milliards de dollars. Mais un cabinet de conseil appelle à voter contre.
La rémunération d’Elon Musk à la tête de Tesla en suspens
Tesla a confirmé qu’un vote serait organisé lors de la prochaine assemblée générale, prévue le 6 novembre 2026. Ce vote portera sur un plan de rémunération d’une ampleur inédite. Le conseil d’administration propose d’accorder à Elon Musk une rémunération pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars sur dix ans. Ce plan prendrait la forme d’attributions d’actions conditionnées à des performances financières exceptionnelles. La capitalisation boursière de Tesla devrait atteindre environ 8 500 milliards de dollars pour que l’ensemble des options soient déclenchées.
Le cabinet Institutional Shareholder Services (ISS), souvent désigné par le sigle ISS, s’oppose ouvertement à cette proposition. Il recommande aux actionnaires de voter contre le plan présenté par le conseil d’administration. Dans son rapport, ISS estime que la taille et la structure du dispositif soulèvent de graves inquiétudes. Le cabinet considère que les critères de performance ne garantissent pas une corrélation suffisante entre la rémunération du dirigeant et les intérêts à long terme des investisseurs. Il juge également que le plan manque de garde-fous destinés à s’assurer qu’Elon Musk consacre effectivement la majorité de son temps et de son attention à Tesla.
Ce plan de rémunération serait le plus important jamais proposé à un dirigeant d’entreprise. Cette décision intervient dans un contexte de forte volatilité du titre Tesla en Bourse. L’appel d’ISS rejoint celui d’un autre cabinet de conseil, Glass Lewis, également opposé à l’initiative du conseil d’administration.
Tesla fait front derrière Elon Musk
Tesla défend pourtant vigoureusement sa proposition. Le groupe estime qu’Elon Musk est au cœur de sa réussite et qu’il doit être incité à poursuivre son engagement à long terme. Selon un communiqué, la société juge les critiques mal fondées et affirme que ce plan vise à préserver la continuité de la direction. Tesla soutient que les conditions d’attribution sont strictes et qu’elles reflètent la philosophie de performance et d’innovation du constructeur.
Elon Musk, de son côté, a procédé à un achat de 1 milliard de dollars d’actions Tesla au mois de septembre. Ce geste symbolique visait à démontrer sa confiance dans l’avenir de l’entreprise et à apaiser les critiques. L’opération n’a toutefois pas suffi à calmer les inquiétudes des actionnaires les plus prudents, préoccupés par la possible dilution de leurs parts si le plan est validé.
Les enjeux du vote dépassent la question d’un montant spectaculaire
Ils touchent à la gouvernance de Tesla et à la dépendance de l’entreprise vis-à-vis de son fondateur. En effet, la part d’Elon Musk dans le capital du constructeur pourrait dépasser 25 % si toutes les options étaient exercées. Une telle concentration du pouvoir poserait des questions sur l’équilibre entre contrôle et leadership.
L’appel d’ISS et de Glass Lewis s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue des investisseurs institutionnels sur la rémunération des dirigeants. Ces cabinets influencent traditionnellement une part importante des votes en assemblée générale. Leur opposition pourrait peser lourd dans le résultat final, d’autant que plusieurs fonds d’investissement européens se montrent déjà réticents face au plan proposé.



