Les bornes SOS vont-elles disparaître des autoroutes ? Cette dépendance risquée au smartphone

L’abandon des bornes SOS soulève des questions inquiétantes sur la sécurité routière.

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Les bornes SOS vont-elles disparaître des autoroutes ? Cette dépendance risquée au smartphone
Les bornes SOS vont-elles disparaître des autoroutes ? Cette dépendance risquée au smartphone © L'Automobiliste

Les anciennes bornes SOS orange, qui faisaient partie de la sécurité sur les routes françaises, disparaissent au profit d’outils numériques. Avec la montée en puissance des smartphones, des applications et des systèmes embarqués, l’aide devient souvent numérique, ce qui change la façon dont les conducteurs appellent les secours et suscite des questions sur les risques potentiels.

Un déclin qui se voit sur le terrain

Au fil des années, ces bornes, autrefois partout, ont été laissées à l’abandon. On remarque ce phénomène le long des grands axes et des routes secondaires en France : beaucoup de bornes sont usées, désactivées, avec de petits panneaux « hors service » ou même bâchées, comme l’a observé un lecteur anonyme en se rendant dans le sud. Historiquement, ces dispositifs étaient implantés tous les 2 kilomètres sur des routes à fort trafic pour assurer une assistance rapide en cas de panne ou d’accident.

À leur apogée, on comptait jusqu’à 10 000 bornes SOS en France. Aujourd’hui, ce nombre a fortement diminué, avec moins de 3 000 bornes restantes, marquant presque une division par deux depuis 2011 sur le réseau secondaire. La maintenance est maintenant concentrée uniquement dans les tunnels, où les normes imposent un entretien régulier.

Du simple clapet au smartphone : la technologie a changé la donne

Autrefois, la procédure était basique : on marchait jusqu’à la borne la plus proche, on soulevait le clapet et on joignait les secours. Aujourd’hui, les smartphones permettent d’appeler le 112 depuis presque n’importe où. Des applications de navigation comme « SOS Autoroute » et « Ulys » transforment le téléphone en une borne mobile, rendant l’appel aux secours plus numérique et plus confortable.

En outre, les systèmes embarqués eCall, rendus obligatoires en 2018 sur tous les nouveaux modèles de voitures en Europe, ont changé les règles du jeu, tout comme la gestion numérique des assurances. Ils déclenchent automatiquement le 112 en cas de choc violent et transmettent des données utiles comme la géolocalisation et l’heure de l’incident. À partir de 2026, la généralisation de la NG eCall (nouvelle génération, via 4G) devrait permettre de réduire les délais d’intervention de 40 à 50 % et pourrait permettre de sauver jusqu’à 2 500 vies par an.

Ce que ça change et ce qui pose question

Cette transition vers un système numérique améliore le confort et la simplicité d’utilisation, mais elle comporte des limites. Comme le note Pierre Chasseray, « il y a aussi des zones où l’on n’est pas couvert », relaye Europe 1. Sans borne fixe, une panne de batterie de smartphone ou une absence de réseau peuvent poser problème. Le ministère des Transports rappelle qu’il n’y a pas d’obligation réglementaire imposant aux gestionnaires d’équiper les routes d’un réseau d’appel d’urgence, laissant le sort des bornes SOS à leur appréciation.

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