Voiture sans permis: 3 véhicules sur 10 sont recalés au contrôle technique

Aide a la conduite
Autovision met en garde : une large part des voitures sans permis, très appréciées des jeunes et de leurs parents, se fait recaler au contrôle technique, examen devenu obligatoire pour ces véhicules depuis le 15 avril 2024.  

Un premier bilan alarmant pour les contrôles techniques sur les voitures sans permis

Depuis le 15 avril 2024, les véhicules de catégorie L, y compris les voitures sans permis, sont soumis à un contrôle technique obligatoire. Les premiers bilans sont alarmants : près de 30% de ces voitures échouent à l'examen, contre 19% pour les véhicules légers et 10% pour les motos. Bernard Bourrier, PDG des centres Autovision et Motovision, décrit la situation comme une « véritable catastrophe ». Ce taux d’échec élevé met en évidence des problèmes majeurs d'entretien de ces véhicules, souvent conduits par des jeunes ou des personnes âgées. Les conséquences d'un échec au contrôle technique sont sévères. Les conducteurs risquent une amende de 135 euros et l'immobilisation de leur véhicule. Plus grave encore, et c'est ce que rappelle Autovision : en cas d'accident, les assureurs, tout comme pour les voitures avec permis, peuvent refuser de couvrir les dommages si le véhicule n'est pas en état de rouler. Maître Jean-Baptiste Le Dall, spécialiste en droit automobile, souligne : « Si vous avez un accident au volant d’un véhicule sans contrôle technique ou ayant échoué au contrôle, votre assureur va évidemment chercher quelle est la cause du sinistre ». Cette situation représente un danger non seulement pour les conducteurs, mais aussi pour tous les autres usagers de la route.  

Un manque d'entretien criant

  De nombreux propriétaires, surtout des jeunes, et donc in fine, leurs parents, négligent l'importance de l'entretien régulier, alors que même que les voitures sans permis sont soumises aux mêmes règles que les voitures traditionnelles. Cela est d'autant plus inquiétant que ces voitures, étant accessibles dès 14 ans, attirent de plus en plus les jeunes. Caradisiac rapporte qu'en 2023, 42 000 de ces voitures ont été vendues en Europe, dont la moitié en France. Les parents optent en effet pour ces véhicules plutôt que pour des deux-roues, pensant qu'ils offrent une meilleure protection. Cependant, cette protection devient caduque si le véhicule n'est pas correctement entretenu, rappelle Bernard Bourrier. Le coût élevé des pièces détachées est le principal obstacle: « Ce sont des petites séries qui coûtent plus cher que celles des autres véhicules. Remplacer un pare-brise fêlé peut coûter 600 euros, ce qui dissuade de faire les réparations nécessaires », explique Bernard Bourrier. Des dépenses que de nombreux propriétaires, et parents, négligent alors même que cela augmente considérablement les risques de défaillances mécaniques et, par conséquent, d'accident, souligne-t-il. Il est donc urgent de sensibiliser davantage les propriétaires conducteurs ainsi que les parents à effectuer les réparations sur ces véhicules.