Découvrir que des moteurs diesel peuvent tourner à l’huile de colza pure pourrait bien revoir l’avenir de cette technologie controversée. Avec la montée des préoccupations environnementales et le durcissement des règles, notamment la multiplication des Zones à Faibles Émissions (ZFE), cette avancée ressemble à une vraie bouffée d’air frais pour des propriétaires et conducteurs menacés par des restrictions de circulation. Le Dieselgate avait entaché l’image du diesel, mais cette innovation pourrait transformer son devenir.
Une découverte qui tient la route
Le journal Presse Citron rapporte que c’est à l’université RUDN, sous la direction du professeur Pablo Vallejo, qu’une équipe de chercheurs a réussi à faire fonctionner un moteur diesel avec de l’huile de colza pure. L’essai a porté sur le moteur diesel MD-6, principalement utilisé dans les machines agricoles. Après plusieurs modifications techniques, les chercheurs ont approché les performances d’un carburant diesel traditionnel, tout en conservant la longévité et robustesse propres aux moteurs diesel. Lancée en janvier dernier, l’expérience donne des résultats prometteurs : une réduction notable des émissions polluantes tout en conservant la robustesse et la sobriété propres aux moteurs diesel.
Des gains pour l’environnement
Une des grandes réussites de cette innovation est la réduction drastique des émissions de particules fines, ce qui ouvre la possibilité d’une requalification des véhicules diesel dans les Zones à Faibles Émissions. Cette technologie répond aux inquiétudes environnementales tout en maintenant les avantages historiques du diesel. Par ailleurs, sur le segment des poids lourds, le biocarburant Oléo100, commercialisé par le groupe Avril, affiche une réduction de 80 % des émissions de particules fines, avec une légère surconsommation limitée à 5 %. De nombreux transporteurs français l’utilisent déjà, ce qui montre que le colza peut être une alternative viable.
Des certifications… et des défis techniques
Plusieurs fabricants de poids lourds, dont Renault Trucks, MAN, Volvo Trucks et Scania, ont déjà certifié des modèles pour utiliser le B100, un biocarburant composé à 100 % de colza. Ces véhicules obtiennent la vignette Crit’Air 1, habituellement réservée aux récentes motorisations essence. En revanche, pour étendre l’usage aux voitures particulières, il reste des obstacles techniques à lever : adaptations des systèmes d’injection, gestion des températures et compatibilité des matériaux. Les chercheurs de RUDN travaillent toujours sur des solutions à ces verrous.
Pour une diffusion plus large et une évolution des règles
Aujourd’hui, Oléo100 n’est pas disponible dans les stations-service classiques, ce qui oblige les entreprises à installer leurs propres cuves. Développer un réseau de distribution accessible aux particuliers est nécessaire pour élargir l’adoption et soutenir une économie écologique. De plus, seuls les véhicules conformes à la norme Euro 6, fabriqués après le 1er janvier 2014, sont actuellement autorisés à utiliser l’huile de colza comme carburant, ce qui nécessite une évolution réglementaire pour ouvrir la possibilité à un plus grand nombre de véhicules.






