Un réseau international de vol de voitures a été démantelé en novembre. Les investigations ont mis au jour une méthode futée : une technologie cachée dans des enceintes Bluetooth qui permet d’ouvrir et de démarrer les véhicules à distance. Ce mode opératoire montre à quel point les méthodes des malfaiteurs se sophisticationnent, tout en soulignant la réactivité des services de police.
Une enquête poussée et des arrestations bien ciblées
L’enquête policière, lancée en septembre 2023, a conduit à l’arrestation de plusieurs personnes clés ce 3 novembre, confirme Capital. Les opérations se sont déroulées dans plusieurs régions de France, notamment en Île-de-France, en Eure-et-Loir et dans le Gard. Parallèlement, d’autres suspects ont été appréhendés en Italie, ce qui confirme le caractère international du réseau.
Cette affaire a mobilisé l’Unité nationale cyber (UNCyber), l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) ainsi que la gendarmerie nationale. En tout, cinq personnes ont été interpellées, dont trois placées en détention provisoire après avoir été mises en examen. Ces suspects, âgés de 39 à 50 ans, sont d’anciens électromécaniciens du secteur automobile, ce qui leur aurait bien servi pour fabriquer ces systèmes sophistiqués.
Un matos technique malin
Au cœur de l’opération, un dispositif ingénieux dissimulé dans une enceinte Bluetooth reprogrammée permettait le fameux « Mouse Jacking ». Cette technique visait surtout les voitures japonaises et les véhicules haut de gamme. Comme l’explique la gendarmerie : « Les vols étaient facilités par l’utilisation d’une enceinte musicale reprogrammée ». Grâce à ce système, les voleurs pouvaient non seulement ouvrir, mais aussi démarrer les véhicules à distance.
Les boîtiers étaient commercialisés via des applications de messagerie sécurisées, ce qui rendait leur traçabilité très compliquée pour les enquêteurs. Selon UNCyber, ces dispositifs permettaient de dérober une large gamme de modèles, bien au-delà des seules marques japonaises, en incluant des voitures de luxe.
Saisies et bilan financier
Lors des interventions, les forces de l’ordre ont récupéré six véhicules volés. En plus de ces voitures, elles ont saisi divers biens de prestige ainsi que de l’argent : 76 000 euros sur des comptes bancaires et 38 000 euros en liquide. La valeur totale des biens confisqués est estimée à environ 1 000 000 euros, ce qui témoigne de l’ampleur financière de l’opération.
Cette affaire a permis de mettre hors d’état de nuire les principaux responsables et d’interrompre une distribution internationale active depuis au moins 2022. Le suspect principal aurait fabriqué ces dispositifs de façon artisanale avant de les expédier dans près d’une vingtaine de pays répartis entre l’Europe, les États-Unis, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique.






