La Belgique s’inquiète de la taille de plus en plus importante des SUV. Ces voitures n’ont pas bonne presse en raison de leur consommation, souvent élevée. Ainsi, comme à Paris, des voix commencent à s’élever pour demander leur retrait.
La Belgique envisage d’interdire les SUV
Les SUV, ces véhicules surélevés à la silhouette musclée, sont désormais dans le viseur des autorités belges. C’est une lame de fond que rien ne semble arrêter. Le SUV s’est hissé en tête des ventes ces dernières années. En 2023, selon Bruxelles Mobilité, 50 % des nouvelles immatriculations dans la capitale concernaient ce type de véhicule. Une aberration pour des métropoles étroites, denses et confrontées à des enjeux de mobilité. Et une hérésie du point de vue de la sécurité des plus vulnérables et de la protection de l’environnement.
La pression populaire monte. Selon une enquête relayée par plusieurs médias, « près de deux Bruxellois sur trois se disent favorables à l’interdiction des SUV aux abords des écoles ». Le constat est simple : trop larges pour les places de stationnement, trop hauts pour cohabiter sans risque avec les piétons, ces véhicules ne sont plus en adéquation avec l’environnement urbain. De plus, ce « gabarit disproportionné » entrave la fluidité de la circulation et accentue la gravité des accidents.
L’idée d’une fiscalité spécifique, « à la parisienne », fait son chemin. Autrement dit : faire payer plus cher les SUV, soit à l’achat, soit au stationnement. À Bruxelles, une des pistes évoquées serait d’imposer une surtaxe de stationnement aux véhicules dépassant un certain poids ou volume.
SUV : un danger pour les piétons invisibles
Au-delà des problèmes de circulation, c’est la sécurité qui inquiète. Des études notent que les pare-chocs des SUV atteignent aujourd’hui en moyenne 84 centimètres, contre 77 centimètres en 2010, certains culminant à 1,40 mètre. De fait, cette évolution a des conséquences directes et graves sur la sécurité routière, notamment pour les enfants. Ces derniers peuvent carrément devenir invisibles à cause de la présence d’angles morts accrus.
La Belgique n’échappe pas à ce constat. Des tests similaires ont été menés à Bruxelles, démontrant que des enfants de taille moyenne ne sont plus visibles à l’avant des SUV. Et les chiffres des accidents impliquant piétons et véhicules lourds en milieu urbain ont connu une progression alarmante, incitant les autorités à réagir.
À ce jour, aucune mesure officielle n’a encore été entérinée, mais les discussions sont bien entamées. Des voix s’élèvent pour un encadrement national, mais l’approche actuelle reste régionale, les compétences étant partagées entre autorités locales et gouvernements régionaux. À Bruxelles, la Région-Capitale travaille sur une réforme de la taxe de circulation, intégrant le poids et la taille du véhicule comme critères aggravants. La dynamique rejoint celle des zones à faibles émissions (LEZ), déjà en vigueur à Anvers, Gand et Bruxelles. Dans ces zones, les voitures les plus polluantes sont interdites.

