Depuis le 16 février 2026, l’assurance ne relève plus uniquement d’un contrôle routier classique. En cas de grand excès de vitesse, les radars peuvent désormais vérifier automatiquement si le véhicule flashé est assuré. Une évolution majeure qui renforce l’arsenal de la sécurité routière et qui inquiète déjà de nombreux conducteurs.
Assurance : un nouveau contrôle automatisé déclenché par les radars
Le changement est entré en vigueur le 16 février 2026. À cette date précise, la Sécurité routière a officialisé l’intégration de la vérification de l’assurance au sein du système de contrôle automatisé.
Concrètement, lorsqu’un radar constate un excès de vitesse supérieur à 50 km/h au-dessus de la limite autorisée, il peut désormais déclencher un contrôle d’assurance. Ainsi, un automobiliste circulant à 140 km/h sur une route limitée à 80 km/h ne sera plus seulement sanctionné pour sa vitesse : son assurance sera aussi vérifiée.
Le mécanisme repose sur un croisement automatique entre l’immatriculation relevée par le radar et le Fichier des Véhicules Assurés. Ce fichier national centralise les contrats d’assurance en cours, rappelle Europe 1. L’assurance devient donc un paramètre intégré au contrôle de la vitesse. Autrement dit, le radar ne sanctionne plus seulement un comportement dangereux, il vérifie également la conformité administrative du véhicule.
Sécurité routière : pourquoi les conducteurs non assurés sont ciblés
Si l’assurance est au cœur de cette évolution, c’est parce que la non-assurance demeure un problème massif. Selon CNEWS, le 16 février 2026, environ 515 000 conducteurs circuleraient sans assurance en France.
Les chiffres sont préoccupants. En 2024, 216 personnes ont été tuées dans des accidents impliquant un véhicule non assuré, soit 7 % de la mortalité routière totale. Ces données laissent supposer un lien entre défaut d’assurance et gravité des accidents. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière indique d’ailleurs que « 4,8 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels sont non assurés », selon Le Parisien. Ce pourcentage peut sembler limité. Pourtant, il révèle une surreprésentation inquiétante.
Plus encore, « un automobiliste non assuré présente un risque quatre fois plus important d’être responsable d’un accident mortel », selon une étude de l’ONISR de 2022 citée par CNEWS. Ce facteur multiplicateur explique en partie la décision des autorités.
Assurance, sanctions et cumul d’infractions : ce que les automobilistes doivent comprendre
L’assurance automobile est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur. Le défaut d’assurance constitue un délit. En conséquence, lorsqu’un radar déclenche une vérification et que le véhicule apparaît comme non assuré, le conducteur s’expose à des poursuites pénales.
L’amende peut atteindre 3 750 euros. À cette sanction financière peuvent s’ajouter des peines complémentaires prévues par le Code de la route, comme la suspension ou l’annulation du permis de conduire.
À cela s’ajoute la sanction pour excès de vitesse supérieur à 50 km/h. Cette infraction entraîne déjà une amende lourde, un retrait de points et une possible suspension administrative. Désormais, l’assurance peut transformer un simple flash en double procédure.
Assurance et contrôle automatisé : une évolution appelée à s’étendre ?
Pour l’heure, le contrôle de l’assurance via radar est limité aux excès de vitesse supérieurs à 50 km/h. Toutefois, l’intégration technique est désormais en place. La connexion entre radars et base d’assurance fonctionne.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des contrôles. Après la vitesse, les feux rouges ou encore les passages à niveau, l’assurance rejoint l’arsenal automatisé de la sécurité routière.
En ciblant les infractions les plus graves, l’État envoie un signal clair. L’assurance ne sera plus uniquement vérifiée lors d’un contrôle routier physique. Elle peut désormais être contrôlée à distance, sans contact avec les forces de l’ordre.






