Moteurs PureTech : Stellantis déploie un arsenal face à la crise

Les moteurs PureTech ont longtemps été considérés comme une référence en matière de downsizing

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Scandale Puretech Le Constructeur Efface Lappellation Mais Pourquoi
Moteurs PureTech : Stellantis déploie un arsenal face à la crise © L'Automobiliste

Depuis 2012, les moteurs PureTech de Stellantis, déclinés en versions 1,0 litre et 1,2 litre, ont séduit les automobilistes par leur promesse d’efficacité énergétique et de performance. Cependant, ces moteurs essence ont accumulé des problèmes techniques majeurs qui ont profondément affecté la réputation de Peugeot, Citroën, DS et Opel, toutes regroupées sous la bannière de Stellantis. En janvier 2025, le constructeur déploie un plan de redressement d’envergure pour gérer les retombées d’une crise qui touche des centaines de milliers de véhicules.

Anatomie d’un problème : que reproche-t-on aux moteurs PureTech ?

Les moteurs PureTech ont longtemps été considérés comme une référence en matière de downsizing, une tendance visant à réduire la cylindrée des moteurs tout en maintenant leurs performances. Mais l’innovation s’est accompagnée de complications techniques notoires.

Points techniques problématiques :

  1. Courroie de distribution baignant dans l’huile :
    • Introduite pour limiter les frottements et optimiser le rendement énergétique, cette courroie s’est révélée vulnérable à l’usure prématurée.
    • Avec le temps, les fragments de courroie se détachent, obstruent les circuits d’huile et provoquent des pannes moteur.
    • La durée de vie estimée est souvent inférieure aux 180 000 km attendus.
  2. Surconsommation d’huile :
    • La détérioration de la courroie affecte le rendement du moteur, augmentant drastiquement la consommation d’huile.
    • Résultat : des automobilistes contraints de vérifier et de compléter leur niveau d’huile bien plus fréquemment que prévu.
  3. Risque de panne critique :
    • L’encrassement de la pompe à vide peut réduire ou éliminer l’assistance au freinage. Une alerte de la Commission européenne en 2020 avait révélé les dangers potentiels liés à cette défaillance.

Selon les données publiées, ces problèmes concernent principalement les moteurs produits entre 2013 et 2023, touchant environ 200 000 véhicules en France et des centaines de milliers à l’échelle européenne.

Stellantis : un plan d’indemnisation ambitieux mais conditionnel

Face à une multiplication des plaintes, Stellantis a lancé une plateforme de réparation et d’indemnisation en ligne, active depuis le 16 janvier 2025. Ce dispositif est présenté comme une réponse structurée à des années de mécontentement.

Fonctionnement de la plateforme Stellantis Support :

  • Période de couverture :
    • Les réparations éligibles doivent avoir été effectuées entre janvier 2022 et mars 2024.
    • Une rétroactivité limitée, critiquée par certains automobilistes qui ont supporté des coûts avant 2022.
  • Critères d’éligibilité :
    • Le véhicule doit avoir été entretenu exclusivement dans le réseau agréé Stellantis.
    • Les réparations doivent être documentées par des factures valides.
    • Limitation à 175 000 km ou 10 ans d’ancienneté.
  • Délai de traitement : Stellantis s’engage à fournir une réponse sous 45 jours après le dépôt d’un dossier en ligne.

Une prime à la reprise : un levier commercial stratégique

En parallèle, Peugeot a introduit une prime à la reprise de 700 euros pour encourager les propriétaires de véhicules équipés de moteurs PureTech défaillants à renouveler leur parc. Cette initiative, valable jusqu’au 31 janvier 2025, cible les clients souhaitant acquérir un véhicule hybride neuf.

Les conditions de la prime :

  1. Éligibilité :
    • La prime est accordée uniquement si le propriétaire signe un nouveau bon de commande pour un modèle hybride.
  2. Nouveaux moteurs PureTech :
    • Les modèles hybrides proposés restent équipés de moteurs PureTech, mais avec une chaîne de distribution en remplacement de la courroie d’origine.
    • Ces modifications sont censées améliorer la fiabilité globale et réduire les risques de surconsommation d’huile.

Garanties renforcées : des mesures nécessaires mais…

Stellantis a également introduit une extension de garantie pour redorer son image et renforcer la confiance des consommateurs.

Détails de la nouvelle garantie :

  • Durée prolongée :
    • Jusqu’à 10 ans ou 175 000 km, selon les modèles.
  • Éléments couverts :
    • Moteur, boîte de vitesses et chaîne de traction.
    • Garantie activée uniquement après l’expiration de la garantie légale.
  • Conditions restrictives :
    • Valable uniquement pour les véhicules entretenus dans les concessions agréées.

Ces garanties additionnelles sont une avancée, mais elles ne répondent pas aux coûts déjà supportés par les propriétaires. De plus, elles ne couvrent pas les véhicules vendus sur le marché de l’occasion avant la mise en place de ces mesures.

Action collective : une épée de Damoclès pour Stellantis

Malgré ces efforts, Stellantis reste sous la pression d’une action collective regroupant plus de 5 000 automobilistes. Cette procédure, menée par Christophe Lèguevaques, avocat spécialisé dans les litiges de masse, pourrait avoir des conséquences financières et juridiques lourdes.

Les nouveaux moteurs PureTech, équipés de chaînes de distribution, constituent une tentative pour restaurer la réputation du groupe. Cependant, cette transition technique ne suffit pas à dissiper les doutes. Les retours clients et les analyses des experts seront décisifs pour évaluer si Stellantis a réellement tourné la page.

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