À 20 km de la frontière française, le SP98 coûte 1,679 € : les frontaliers font le plein pendant que les Français paient 30 centimes de plus

Plus de 50 centimes d’écart par litre avec la France : au Luxembourg, le diesel dépasse les 2 euros mais reste une affaire en or. Frontaliers et touristes de l’essence continuent d’affluer, malgré la flambée des prix.

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À 20 km de la frontière française, le SP98 coûte 1,679 € : les frontaliers font le plein pendant que les Français paient 30 centimes de plus
À 20 km de la frontière française, le SP98 coûte 1,679 € : les frontaliers font le plein pendant que les Français paient 30 centimes de plus © L'Automobiliste

Le seuil symbolique des deux euros le litre de diesel a été franchi au Luxembourg le samedi 12 septembre 2026. Deux jours plus tard, le lundi 14 septembre, le carburant s’échangeait encore à 2,12 euros le litre au Grand-Duché, tout près du record de 2,18 euros atteint en mai 2026.

Le pays reste pourtant nettement moins cher que la France. Le 13 septembre 2026, un automobiliste français a partagé un ticket de caisse tiré d’une station E.Leclerc de Foetz, au Luxembourg : 55,80 litres de SP98 pour 93,69 euros, soit 1,679 euro le litre, relaye Auto News. La veille, en France, le SP98 se négociait en moyenne à 2,228 euros et le gazole dépassait les 2,30 euros, à 2,307 euros.

Un écart qui s’est creusé depuis le début de la guerre avec l’Iran

Sur le seul SP98, l’écart dépasse désormais 50 centimes par litre. Pour un plein d’une cinquantaine de litres, la différence peut représenter plusieurs dizaines d’euros d’économie, à condition de ne pas compter le coût du trajet jusqu’à la pompe.

Depuis les années 1990, l’écart de prix entre les deux pays se situait plutôt entre 13 et 15 centimes en faveur du Grand-Duché. Depuis le début de la guerre avec l’Iran, il grimpe parfois jusqu’à 30 centimes. Sur un an, la hausse luxembourgeoise atteint 21,31 % pour le sans-plomb 95, 23,43 % pour le sans-plomb 98 et presque 50 % pour le diesel.

Tous les carburants ne sont pas alignés sur le tarif du SP98. Le sans-plomb 95 s’affiche à 1,793 euro, l’Ultimate 98 à 1,981 euro, le diesel classique à 2,123 euros et le diesel Ultimate à 2,273 euros. Le Luxembourg reste surtout intéressant pour les automobilistes qui habitent près de la frontière ou qui y passent déjà : prendre sa voiture depuis le sud de la France pour ce seul motif ne profiterait qu’aux yeux, pas au portefeuille.

Les volumes baissent en France, grimpent au Luxembourg

Interrogé le lundi 14 septembre 2026 par RMC, le président de l’Union française des industries pétrolières, Philippe Casbas, a chiffré la baisse des ventes françaises : « en cumulé, sur l’année, on doit s’approcher des 5,5-5,6 % de volume de vente de carburant en moins ». Au Luxembourg, la tendance est inverse.

Selon l’institut national de la statistique du Luxembourg, le Statec, les volumes de vente augmentent régulièrement depuis 2016. Ils atteignaient 550 millions de litres en 2024, contre 391 millions de litres en 2016. Seule la crise du Covid a provoqué une baisse temporaire. Conséquence directe : le nombre de stations-service progresse légèrement au Luxembourg, passé de 230 à en 10 ans, alors qu’il s’effondre dans les pays voisins.

Le 8 juin 2026, le gouvernement luxembourgeois a annoncé la prise en charge d’une partie du surcoût, à hauteur de cinq centimes d’euro par litre toutes taxes comprises. La mesure s’applique du 1er juillet au 31 décembre 2026, via une baisse des accises sur le diesel et l’essence, et seulement si les prix restent supérieurs au niveau constaté au 1er février 2026.

Un des pays les plus riches au monde subventionne ainsi l’achat de carburant jusqu’à la fin de l’année, y compris pour les touristes de l’essence venus des pays voisins. Au Grand-Duché, c’est l’État qui fixe chaque jour le prix maximum à la pompe. Les stations peuvent vendre moins cher, mais la plupart s’alignent sur ce plafond.

À quelques centaines de mètres de la frontière française, une quinzaine de stations-service s’alignent à Rodange, pratiquant quasiment le même tarif. Les pistes ne désemplissent pas, même si certains frontaliers hésitent désormais à remplir leur réservoir.

Fernando, peintre en bâtiment belge de 51 ans, roule avec une plaque d’immatriculation belge, rapporte France 3. Il vide son réservoir de 80 litres en quatre jours. Il raconte que la semaine dernière, il n’a pas pu […] car il avait d’autres trucs à payer, qu’il était super juste, et qu’il a un réservoir de 80 litres qu’il vide en quatre jours.

Franck, 26 ans, travaille à Metz et fait le plein chaque week-end malgré la hausse. « C’est devenu super cher, mais quand je vois les prix en France, je me console un peu », observe-t-il. Une salariée d’une station remarque de plus en plus de plaques immatriculées 55, la Meuse, à cinquante kilomètres, et 59, le Nord, à 300 kilomètres, surtout le week-end. Le carburant bon marché s’accompagne souvent de tabac à moindre coût, vendu dans les mêmes stations.

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