L’association 40 millions d’automobilistes a lancé, samedi 12 septembre 2026, le site internet #Balancetonplein pour contester la hausse des prix de l’essence et du gazole. L’initiative est présentée comme une manifestation numérique, une façon de protester sans se déplacer.
L’objectif affiché est d’obtenir une baisse des taxes sur les carburants à la pompe. Le principe se veut simple : les participants indiquent leur nom, leur civilité, leur e-mail, leur code postal et leur ville, puis cliquent sur Ajouter ma participation.
Leur signature apparaît alors sur une carte de France, point par point, zone par zone. Sur Facebook, l’association résume la démarche : « Avec notre manifestation numérique, vous indiquez simplement votre participation. Et votre mobilisation apparaît sur une carte. »
L’association met en avant l’économie de temps et d’argent que permet ce format, comparé à un déplacement classique qui obligerait à prendre un jour de congé, perdre un jour de salaire ou parcourir des kilomètres. Le but, écrit-elle, est de rendre visible ce que nos dirigeants refusent de voir depuis des mois, en faisant éclater le ras-le-bol général.
Le site sature dès son lancement
Deux jours après son ouverture, la carte affichait déjà plus de 900 signatures autour de Paris, plus de 400 à Lyon, près de 300 à Saint-Étienne et près de 400 autour de Marseille. Selon Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes et instigateur du site, la simple évocation de #Balancetonplein dans les médias a suffi à faire crasher la plateforme : « Le site a été lancé samedi et sa simple évocation dans les médias l’a fait crasher instantanément avec des pics de connexion incroyables. C’est du jamais vu dans l’histoire de l’association. »
Chasseray revendique une démarche volontairement distincte d’une pétition classique, qui généralement tombe dans un puits sans fond, et insiste sur le caractère apolitique de la mobilisation : « Notre démarche est pacifiste et ne sera ni violente ni politique. »
Il y voit un moyen de « donner de la visibilité à toutes celles et tous ceux qui veulent être entendus, sans avoir à manifester dans les rues, sans être assimilé(e)s à un mouvement politique ou à celui des Gilets jaunes ».
Sur le fond économique, le délégué général conteste l’idée qu’une baisse des taxes serait un coût que l’État ne peut assumer. Il parle plutôt d’un manque à gagner, le vrai coût se mesurant selon lui en perte de croissance : la France aurait perdu un demi-point de croissance, soit 15 milliards d’euros de perte sèche sur un an pour l’État, avec à la clé un effet inflationniste et une remontée des taux d’emprunt.
Il cite l’exemple de l’Espagne, qui a baissé sa fiscalité sur les carburants sans voir sa croissance ralentir. Il estime que si le mouvement prend de l’ampleur, chaque candidat/e à l’élection présidentielle et même le Premier ministre et le pouvoir en place ne pourront y être insensibles.
La gauche prête à soutenir la contestation
Cette mobilisation numérique intervient alors que les prix des carburants flirtent avec les 3 € le litre. Le week-end du 12 et 13 septembre 2026, plusieurs responsables de gauche ont affiché leur soutien à d’éventuels mouvements sociaux contre la vie chère. Fabien Roussel, chef des communistes et candidat à la présidentielle, avait appelé dès le 11 septembre à descendre dans la rue et à occuper les ronds-points, en référence aux Gilets jaunes de fin 2018.
Sur BFMTV, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et lui aussi candidat à la présidentielle, s’est dit prêt à se ranger aux côtés des Français en cas de soulèvement, affirmant qu’il comprendrait parfaitement que les Français se soulèvent et qu’il serait alors à leurs côtés, car il n’est plus possible d’avoir des gens qui travaillent mais qui ne sont pas rémunérés à la hauteur de ce qu’ils font.
Sur le budget 2027, il juge que « les signaux ne sont pas les bons » et menace de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu si la situation se durcit.
Faure vise en particulier les pistes envisagées pour dégager 6 milliards d’euros d’économies sur les retraites l’an prochain, entre suppression d’un abattement fiscal pour les retraités et désindexation de certaines pensions. Il réclame que les grandes fortunes soient taxées en priorité, via la taxe Zucman sur les hauts patrimoines : « Faire payer les retraités plutôt que les très grandes fortunes : c’est du racket ! »
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a de son côté annoncé sur franceinfo le soutien de son mouvement à la mobilisation intersyndicale du 29 septembre ainsi qu’à une possible journée d’action le 17 octobre.




