Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes, a indiqué, dans des propos rapportés par CNews, que mettre de l’huile de colza dans son moteur diesel fonctionne, mais que c’est illégal. Cette formule résume à elle seule le dilemme dans lequel se trouvent de nombreux conducteurs.
Le litre d’huile de colza s’achète autour de 0,80 euro, un prix sans commune mesure avec celui des carburants classiques. En France, le litre de SP95-E10 se négocie en moyenne à 2,12 euros, et celui de gazole avoisine 2,30 euros. Face à cet écart, certains automobilistes ont commencé à verser directement de l’huile végétale dans leur réservoir.
Techniquement, l’astuce n’a rien d’une légende. Certains moteurs diesel acceptent totalement l’huile végétale et tournent normalement avec ce carburant de substitution. Mais en dehors de ces cas précis, l’usage de l’huile de colza peut abîmer sérieusement la mécanique du véhicule.
Le Code des douanes ne laisse aucune place au doute : l’huile de colza et l’huile de friture ne figurent pas parmi les carburants autorisés. Même lorsqu’un moteur s’en accommode sans broncher, la réglementation interdit purement et simplement son utilisation.
Il existe toutefois une nuance qui mérite d’être connue. Cette infraction relève du droit douanier, et non du droit pénal. Concrètement, policiers et gendarmes ne peuvent pas dresser de contravention pour ce motif précis. Cette particularité juridique ne doit cependant pas être vue comme un blanc-seing : l’interdiction reste pleinement en vigueur, et le risque mécanique demeure réel pour les moteurs non adaptés.
Cette recherche de solutions alternatives s’explique par un contexte pétrolier tendu. Le baril de Brent a franchi le seuil des 100 dollars, une hausse qui se répercute directement à la pompe. Pour de nombreux Français, cette flambée pèse sur le quotidien : certains renoncent à des loisirs, d’autres reportent des déplacements pourtant nécessaires, comme des rendez-vous médicaux.
Le gouvernement, de son côté, a écarté toute aide généralisée sur les carburants. Une baisse des taxes a également été exclue, l’exécutif invoquant l’état catastrophique des finances publiques pour justifier ce refus.



