Le 14 juillet 2025, Volvo Cars a annoncé une dépréciation massive de 11,4 milliards de couronnes suédoises, soit près d’un milliard d’euros, imputable à deux facteurs majeurs : la hausse brutale des droits de douane américains sur les véhicules importés de Chine, et des retards critiques dans le déploiement de modèles stratégiques comme les EX90 et ES90.
Le constructeur suédois, propriété du chinois Geely, se retrouve pris dans l’étau des tensions commerciales croissantes entre les États-Unis, l’Europe et la Chine. L’administration Trump, de retour au pouvoir, a mis en œuvre depuis début avril 2025 une surtaxe de 25 % sur les véhicules électriques produits hors du territoire américain, y compris en Chine.
L’ES90 privée de marché américain, sous pression en Europe
Le modèle ES90, grande berline électrique haut de gamme, est l’un des principaux dommages collatéraux de cette nouvelle politique commerciale. Fabriqué intégralement en Chine, ce véhicule était initialement prévu pour une commercialisation élargie aux États-Unis. Or, l’accès au marché américain est suspendu pour ce modèle, ce qui réduit considérablement les perspectives de rentabilité initialement prévues. Et sur le Vieux Continent, où l’ES90 devait compenser une partie de la perte américaine, la pression concurrentielle croissante sur les véhicules chinois rend également les marges plus faibles que prévu.
Autre coup dur pour la marque : le SUV électrique EX90, censé représenter le haut de gamme technologique de la marque, voit son lancement fortement retardé. Le modèle devait initialement être livré dès l’été 2024, mais il nest disponible en concession que depuis 2025.la marque.
Dépréciation : un impact direct sur le deuxième trimestre 2025 de Volvo
La dépréciation de charge enregistrée dans les comptes du deuxième trimestre s’élève à près de 9 milliards de couronnes suédoises, soit plus de 780 millions d’euros, auxquels s’ajoutent les effets indirects sur la valorisation de certains actifs, détaillent Les Echos. Les résultats trimestriels, qui seront publiés officiellement en juillet 2025, intégreront cet ajustement massif, sans précédent depuis que Geely a pris le contrôle de Volvo Cars. De plus, ce choc financier ne survient pas dans un contexte stable. Fin mai 2025, le groupe avait déjà annoncé la suppression de 3 000 postes, soit 15 % de ses effectifs mondiaux, pour répondre à une conjoncture tendue et rationaliser ses coûts.
La situation actuelle remet profondément en question la stratégie de Volvo qui, comme beaucoup d’acteurs de l’automobile, a délocalisé une partie de sa production en Chine pour des raisons de coûts et de compétitivité. Ce modèle, viable dans un environnement commercial ouvert, devient hautement vulnérable dans un contexte de fragmentation tarifaire. Volvo n’a pas encore annoncé de relocalisation industrielle, mais la perspective d’un redéploiement de la production vers l’Europe ou l’Amérique du Nord gagne en crédibilité. La montée en puissance d’usines européennes (notamment en Belgique et en Suède) pourrait s’accélérer.



