La France, comme beaucoup d’autres pays, est à un tournant pour la mobilité. Depuis la pandémie de Covid-19, la pratique du vélo a fortement augmenté et la « mobilité douce » est devenue plus visible dans les villes. Cette évolution pose cependant des défis, notamment en matière de sécurité routière pour les cyclistes. Face à ce constat, une solution se distingue : le rond-point « à la hollandaise ». Mais de quoi s’agit-il exactement et comment ça peut transformer la sécurité sur nos routes ?
Les chiffres et la sécurité routière
Depuis quelques années, le vélo connaît un véritable essor en France, mais les accidents suivent cette montée. Entre septembre 2023 et septembre 2024, 240 cyclistes ont perdu la vie dans des accidents de la route, soit environ 7 % des décès totaux sur les routes. Ce chiffre représente une hausse de près de 30 % par rapport à 2019. Selon le baromètre réalisé par Alphabet France et Ifop en 2024, 27 % des personnes interrogées préfèrent un mode de transport doux pour aller au travail, ce qui renforce la nécessité d’aménagements plus sûrs.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place :
- sas vélos aux feux rouges (espace réservé aux cyclistes devant un feu)
- l’élargissement des voies cyclables
- ou encore des signalisations d’angle mort pour les poids lourds et les bus
Malgré cela, ces mesures restent parfois insuffisantes pour freiner la hausse des accidents.
Comment fonctionne le rond-point « à la hollandaise »
Les carrefours à la hollandaise renversent les priorités classiques : ils placent les cyclistes au centre du dispositif, explique Presse Citron. Une piste cyclable ceinture entièrement le rond-point et sépare clairement les flux des véhicules motorisés, des cyclistes et des piétons. La piste, souvent à double sens, se trouve à l’extérieur de la voie automobile et est généralement repérée par une bande colorée pour mieux la voir.
Les véhicules motorisés doivent céder le passage aux cyclistes et aux piétons à l’entrée et à la sortie du rond-point, ce qui renforce la sécurité des usagers les plus vulnérables. Les zones de circulation motorisée et de mobilité douce sont bien distinctes, avec une priorité accordée aux cyclistes et aux piétons, renforcée par une signalisation routière adaptée. Les passages piétons sont souvent placés avant la piste cyclable, ce qui oblige les automobilistes à s’arrêter deux fois et améliore la visibilité pour tous.
Des résultats et des exemples concrets
Plusieurs villes françaises ont déjà adopté ce principe. À Rennes, le rond-point des Gayeulles, après deux années d’expérimentation, a montré une cohabitation apaisée entre cyclistes, automobilistes et piétons, malgré des plaintes initiales sur la largeur des voies automobiles. Avec un financement de 600 000 €, la ville a observé une réduction notable des accidents après seulement quatre mois de travaux.
À Bures-sur-Yvette, inauguré le 25 janvier 2025, le projet s’inscrit dans le plan vélo communal de 2019, et a été soutenu financièrement par la Région Île-de-France et l’État pour un coût de 280 000 €. Réalisé en partenariat avec l’association « Mieux se déplacer à bicyclette », ce rond-point a été présenté comme un modèle référent.
À Clermont-Ferrand, l’approche est plus discrète mais efficace : l’implantation du rond-point s’est faite dans une logique urbanistique qui n’est pas toujours visible au premier coup d’œil. La suppression de nombreuses places de parking a permis de planter de nouveaux arbres, de revitaliser l’espace public et d’encourager le réaménagement urbain.





