L’opération-test menée par Hyundai et sa filiale logistique Hyundai Glovis sur le Corridor Interocéanique de l’Isthme de Tehuantepec (CIIT) représente une avancée pour le transport multimodal. Un envoi de 900 véhicules, depuis la Corée du Sud jusqu’à la côte est des États-Unis, a montré le potentiel de cette nouvelle voie pour le fret international. Cette initiative souligne non seulement le développement des infrastructures de transport en Amérique centrale, mais aussi son rôle grandissant face aux défis environnementaux et logistiques mondiaux.
Hyundai Glovis : le test logistique en détail
L’expédition a emprunté un trajet complexe mais rapide. Les véhicules ont d’abord été acheminés vers le port Pacific de Salina Cruz, dans l’État d’Oaxaca, où ils ont été chargés sur 50 wagons fret BI-MAX.
Cette opération ferroviaire, réalisée sur la Ligne Z du corridor, a traversé le Mexique en environ neuf heures pour atteindre Coatzacoalcos sur la côte du Golfe du Mexique. De là, le chargement a été transféré sur un navire en direction de Brunswick, en Géorgie, complétant ainsi le trajet depuis l’Asie vers la côte est des États-Unis en environ 72 heures.
Cette démonstration test visait à évaluer la capacité de la nouvelle infrastructure à prendre en charge des opérations commerciales à grande échelle. Nino Morales, président de la CIIT Oversight Commission, a déclaré : « Ce test renforce le Corridor Interocéanique en tant que nouvelle route stratégique reliant l’Asie à la côte Est des États-Unis. » Rester sur une cadence régulière de 72 heures demeure toutefois un défi, surtout en attendant que les capacités portuaires soient pleinement opérationnelles vers mi-2026.
Le corridor et les ambitions logistiques du Mexique
Le CIIT, souvent qualifié de « canal sec », se présente comme une alternative au canal de Panama, notamment pour des flux où la rapidité et la fiabilité priment sur le coût. Sous la gestion de la Marine mexicaine, le corridor relie quatre ports majeurs : Salina Cruz, Coatzacoalcos, Dos Bocas, et Puerto Chiapas.
Le gouvernement mexicain a mis en avant cette structure lors de présentations en 2024 aux responsables américains, indiquant que le corridor pourrait répondre jusqu’à 10 % de la demande sur les régions Est et Midwest des États-Unis.
Les lignes ferroviaires sont au cœur du dispositif. La Ligne Z, longue de 308 kilomètres, est en service depuis décembre 2023, la Ligne FA a débuté en septembre 2024, et la Ligne K est en cours d’extension vers la frontière guatémaltèque.
Problèmes environnementaux et tensions sociales
L’ouverture du CIIT ne va pas sans controverses. Des communautés indigènes, notamment à Oaxaca et Veracruz, ont exprimé des réserves sur l’affectation des terres pour les 14 parcs industriels prévus le long du corridor, ce qui a entraîné des actions judiciaires et la suspension de certains projets.
Des groupes environnementaux mettent aussi en garde contre les risques de déforestation liés au développement du corridor.
En outre, le fonctionnement du corridor a été mis à l’épreuve par un grave accident en décembre 2025 : le déraillement d’un train de passagers sur la ligne interocéanique a causé la mort de plus d’une douzaine de personnes, renforçant les critiques sur la sécurité et la supervision des infrastructures.




