L’industrie automobile européenne est en pleine ébullition face à l’approche de nouvelles normes plus strictes sur les émissions de CO2. Alors que certains constructeurs plaident pour un report, BMW, dirigée par Oliver Zipse, maintient sa course vers les objectifs de 2025, tout en critiquant les futures interdictions de 2035.
BMW se dit prêt pour les nouvelles normes européennes
Dès janvier prochain, les normes européennes exigeront que les émissions moyennes des nouveaux véhicules soient réduites à 93,6 grammes de CO2 par kilomètre. Cette mesure représente une baisse significative par rapport aux 116 grammes actuels. Oliver Zipse, en défenseur de cette directive, affirme que BMW est prête dans des propos partagés par La Tribune : « Nous ne voyons aucune raison de repousser les objectifs de réduction de CO2 pour 2025 ». Cependant, la perspective d’amendes lourdes plane sur ceux qui ne respecteraient pas ces limites.
En revanche, la position de BMW ne fait pas écho à l’unanimité. D’autres grands noms, comme Renault, exhortent à un réexamen des objectifs. Dans le contexte actuel, ils ne pourront pas respecter les nouvelles normes d’émissions de CO2, pointant également du doigt une baisse préoccupante de leurs ventes.
D’autres constructeurs pour un report des nouvelles limites d’émissions
Bien que des entreprises comme Stellantis restent fermes sur leur opposition à modifier les objectifs, la majorité n’est pas aussi unie. En effet, 48 entreprises du secteur automobile, des transports et de l’énergie ont exprimé leur désaccord sur la révision des objectifs de CO2, y compris des acteurs majeurs comme Uber et Volvo. Cette dissension met en lumière la complexité des enjeux et les différentes stratégies des acteurs du marché.
La question des émissions a également capturé l’attention des gouvernements. La République tchèque, l’Italie et même la France ont montré leur soutien à un assouplissement des échéances. Le ministre de l’Économie français, Antoine Armand, a souligné que les constructeurs étaient : « fermement engagés dans l’électrification des véhicules » et « ne devraient pas avoir à payer d’amendes en 2025 ». Ce soutien gouvernemental est capital, mais la Commission européenne reste pour l’instant inflexible.
BMW veut davantage de flexibilité de la part de l’UE
Au-delà de 2025, c’est l’interdiction de vente des véhicules thermiques neufs en 2035 qui cristallise les tensions. Oliver Zipse critique ouvertement cette mesure, la considérant comme un frein à l’innovation et insuffisante pour stimuler des investissements significatifs dans de nouvelles technologies. L’UE devrait « adopter une politique favorisant le progrès et la croissance économique, au lieu d’imposer des barrières », a-t-il déclaré.
Cette position est partagée par d’autres dirigeants, tels que Luca de Meo de Renault, qui demande davantage de flexibilité dans l’atteinte de ces objectifs ambitieux. En Allemagne, l’électrification de l’industrie automobile pourrait entraîner la disparition de près de 140 000 emplois d’ici 2035, ce qui représenterait environ 20 % des effectifs actuels selon une étude récente de la fédération des constructeurs VDA. De plus, cette tendance touche l’ensemble de l’Europe : à la fin octobre, les fournisseurs européens du secteur automobile ont signalé la perte de 32 000 emplois durant le premier semestre de 2024, un nombre supérieur à celui enregistré durant la crise du Covid.






