La signalisation de changement de direction, qu’on appelle communément le clignotant, est souvent négligée par beaucoup de conducteurs. Pourtant, c’est le moyen le plus simple pour dire aux autres usagers ce que vous avez l’intention de faire. Le Code de la route français sanctionne son oubli par une perte de points et une amende. Mais pourquoi ce geste est-il si important et quelles sont les conséquences en cas d’oubli ?
Pourquoi prévenir les autres et quelles sont les conséquences légales
Ne pas utiliser son clignotant en dépassement est une erreur « très commune » chez les automobilistes, selon l’étude « baromètre de la conduite responsable » de 2026 réalisée par Ipsos bva et publiée par Vinci. D’après cette étude, 52 % des conducteurs français reconnaissent ne pas toujours signaler leurs changements de direction. Sur ce pourcentage, 50 % n’utilisent pas le clignotant quand ils tournent ou doublent en ville.
L’article R412-10 du Code de la route en France stipule que « tout conducteur qui s’apprête à modifier la direction de son véhicule est tenu d’en avertir les autres usagers ». Le clignotant n’accorde pas automatiquement la priorité : il sert à informer les autres de votre intention.
En cas d’oubli, le conducteur s’expose à une contravention de deuxième classe, avec le retrait de trois points sur le permis et une amende forfaitaire de 22 € à payer dans les quinze jours. Malgré le montant « modeste » de cette amende, des sanctions plus lourdes sont possibles : le conducteur risque une « peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour une durée de trois ans au plus ». Cette suspension reste toutefois rarement appliquée, sauf si une autre infraction est commise en même temps.
Quand c’est pire : aggravation et conséquences en cas d’accident
Le défaut de clignotant peut entraîner une suspension du permis s’il est accompagné d’une infraction plus grave, comme l’usage du téléphone au volant ou un très grand excès de vitesse. L’avocat Franck Cohen explique : « Le défaut de clignotant peut changer de nature lorsqu’il accompagne une autre infraction. Cette seconde infraction doit toutefois présenter une certaine gravité : l’usage du téléphone au volant en est l’exemple type. »
Par exemple, un conducteur qui quitte sa place de parking sans clignoter tout en utilisant son téléphone pourrait voir son permis suspendu. Et si un accident cause des blessures ou un décès, l’oubli du clignotant peut être retenu comme un élément aggravant, transformant un accident civil en affaire pénale.
En plus de son rôle de communication, le fait de ne pas utiliser le clignotant peut donc être considéré comme une « violation d’une règle imposée par le Code de la route », faisant peser sur le conducteur une faute liée à la sécurité ou à la prudence.
L’amende forfaitaire et quelques règles pratiques au rond‑point
Le défaut de clignotant est souvent traité par le système de l’amende forfaitaire. Une fois l’amende payée, l’action publique est éteinte et les poursuites judiciaires sont en général impossibles. « Ce type d’infraction relève généralement du système de l’amende forfaitaire. Lorsque l’automobiliste paie cette amende, cela entraîne l’extinction de l’action publique », précise Franck Cohen.




