L’équipementier automobile Dumarey Powerglide va baisser le rideau de son usine située à Strasbourg (Bas-Rhin). En tout, 320 salariés vont se retrouver sur le carreau. La faute à la fin de plusieurs contrats pour cette entreprise spécialisée dans les boîtes de vitesses automatiques.
Dumarey Powerglide va licencier
Dumarey Powerglide, l’équipementier automobile spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques implanté à Strasbourg, a confirmé la fermeture imminente de son usine. Cette fermeture va entraîner la suppression de 320 emplois directs au cours de l’année 2026. Cette décision, annoncée le 7 janvier 2026 aux représentants du personnel, marque une nouvelle étape dramatique dans la crise qui frappe les sous-traitants de l’automobile en Europe.
L’usine de Strasbourg, qui appartient au groupe belge Dumarey (anciennement Punch Powerglide), est un acteur historique de la région alsacienne, avec une production centrée sur les boîtes de vitesses automatiques pour l’industrie automobile. La direction a expliqué que la fermeture devient « inévitable » dans un contexte de crise structurelle majeure du secteur automobile, marqué notamment par la chute des commandes et une concurrence accrue.
L’un des éléments clés de cette crise est la rupture brutale des commandes de son principal client, l’équipementier allemand ZF, qui représentait jusqu’à 95 % des volumes de transmissions produites par l’usine avant d’internaliser sa production. Cette rupture a provoqué une chute du chiffre d’affaires de l’ordre de 85 % entre 2023 et 2025. À l’issue d’un précédent plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui avait déjà conduit à la suppression de 234 postes en 2025, cette nouvelle annonce sonne comme un coup dur pour les salariés et l’économie locale.
Un plan social en plusieurs vagues
Selon la CGT, le processus de licenciement sera échelonné en trois vagues au cours de l’année 2026 : une centaine de départs seront effectués en juin 2026, environ 200 en août 2026, puis les derniers postes seront supprimés en fin d’année 2026. Malek Kirouane, délégué syndical CGT, a décrit la situation comme une « catastrophe », évoquant l’impact humain et social considérable de la fermeture, qui affectera non seulement les salariés directs, mais aussi les prestataires indirects liés à l’activité de l’usine.
Malgré des mesures d’accompagnement social prévues dans le cadre du PSE, plusieurs syndicalistes estiment que les délais de congé de reclassement (10 mois) sont insuffisants et que très peu des salariés licenciés précédemment ont retrouvé un emploi stable.
Ces dernières années, Dumarey Powerglide avait tenté de pivoter vers des marchés émergents, notamment en investissant dans la production de composants pour véhicules électriques. Cependant, ces nouvelles activités n’auraient pas généré les volumes escomptés, inférieurs de 40 % aux projections initiales, ce qui a aggravé la situation financière du site.
Le président de l’usine, Arnaud Bailo, a souligné que, malgré ces efforts, l’entreprise n’a pas pu compenser la perte de son marché principal ni absorber les tensions concurrentielles, notamment face à la concurrence chinoise produisant à moindre coût.