Sony, célèbre pour ses innovations technologiques, surprend en entrant sur le marché des véhicules électriques. Avec l’Afeela 1, dévoilée au CES 2025, le géant japonais s’associe à Honda pour s’imposer face à des concurrents bien établis. Mais que vaut vraiment cette première voiture électrique ?
Après avoir conquis les salons avec des prototypes ambitieux, Sony passe à la vitesse supérieure. L’Afeela 1 sera-t-elle la nouvelle référence ou un pari risqué dans un marché saturé ?
Afeela 1 : une entrée sur le marché très attendue
Sony n’est pas le premier acteur technologique à s’intéresser à l’automobile. Après Xiaomi et Huawei, la firme japonaise, en collaboration avec Honda, a officialisé sa stratégie avec la création de Sony Honda Mobility (SHM). Cette alliance fructueuse a donné naissance à l’Afeela 1, présentée au CES 2025, un peu moins de cinq ans après un premier prototype. Prévue pour une commercialisation en 2026 aux États-Unis et au Japon, elle arrivera en Europe d’ici 2027 ou 2028.
L’objectif est clair : s’imposer sur le segment premium. Cependant, Sony arrive tard sur ce marché, déjà dominé par des marques comme Tesla, et où les constructeurs chinois gagnent du terrain à grande vitesse, comme BYD. Xiaomi, par exemple, a vendu 130 000 véhicules électriques en 2024, bien avant l’arrivée de l’Afeela.
L’Afeela 1 ne révolutionne pas l’esthétique automobile. Avec des lignes fluides et des formes épurées, son design reste fonctionnel plutôt qu’extravagant. Des éléments innovants, comme un affichage lumineux entre les phares et un lidar sur le pare-brise, reflètent l’ambition technologique de Sony. L’intérieur, quant à lui, mise sur le confort numérique : un écran géant couvre les zones centrale et passager, et 70 % des matériaux utilisés sont recyclés.
Côté divertissement, Sony excelle : l’intégration d’applications telles que Spotify, TikTok ou Amazon Music, combinée à une ambiance sonore développée par Polyphony Digital (créateur de Gran Turismo), promet une expérience immersive. Mais la technologie ne s’arrête pas là : 40 capteurs et caméras assurent une conduite semi-autonome (niveau L2+), tandis qu’un assistant vocal complet compense l’absence de commandes physiques.
Les tarifs de Sony interrogent
Malgré une technologie de pointe dans l’habitacle, les performances électriques de l’Afeela 1 semblent en retrait face à la concurrence. Avec une autonomie annoncée de 480 km (cycle EPA) et une batterie de 91 kWh, elle reste correcte, mais en dessous des standards des leaders du marché. La puissance de charge plafonne à 150 kW, bien loin des 500 kW proposés par certains modèles chinois.
En revanche, l’Afeela profite d’une compatibilité avec le réseau de superchargeurs Tesla grâce à son port NACS. Ce partenariat stratégique pourrait compenser ses faiblesses techniques, offrant aux utilisateurs un accès privilégié à une infrastructure déjà bien développée.
Avec un prix de départ à 86 300 € pour la version Origin et 98 800 € pour la version Signature, l’Afeela 1 s’adresse à une clientèle haut de gamme. Cependant, ces tarifs élevés pourraient poser problème. Face à une Tesla Model S, moins chère et plus performante, ou aux offres compétitives des marques chinoises, Sony devra justifier son positionnement par l’expérience utilisateur et les services inclus.
Pour séduire, SHM propose plusieurs avantages : un abonnement de trois ans comprenant un « agent personnel » Afeela, des contenus immersifs et des fonctionnalités de conduite intelligente. Ces arguments suffiront-ils à convaincre une clientèle exigeante ?






