Le 5 juin 2025, Tesla a perdu 14,2 % de sa valeur en une journée, effaçant plus de 152 milliards de dollars de capitalisation. Cette débâcle financière a une origine aussi politique que personnelle : la rupture brutale entre Elon Musk et Donald Trump. L’histoire de Tesla est indissociable des soutiens publics qu’elle a reçus, et de la relation parfois trouble entre innovation et pouvoir. Le divorce de ces deux figures pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire du constructeur californien.
Des débuts en fanfare : Trump, le tremplin inespéré de Tesla
Tesla a beau cultiver l’image d’une success-story à l’américaine, faite de vision technologique et d’audace entrepreneuriale, ses fondations reposent aussi sur des soutiens publics massifs. Et Donald Trump n’y est pas étranger. Durant son premier mandat (2017-2021), malgré son scepticisme climatique affiché, le président républicain n’a jamais interrompu les incitations fiscales aux véhicules électriques. Mieux : il a ouvert des contrats militaires et spatiaux à SpaceX, permettant à Elon Musk d’asseoir un empire qui dépasse l’automobile.
Leur relation, bien qu’émaillée d’échanges houleux, fonctionnait sur un équilibre instable. Trump offrait la stabilité réglementaire, Musk le génie industriel. Et les deux y trouvaient leur compte. Une relation qui a culminé avec le soutient affiché de Musk à Trump lors de la présidentielle de 2024 et avec l’intégration du fondateur de Tesla au sein même de l’administration Trump. Jusqu’à ce que plus rien n’aille.
Du pacte à la fracture : la colère de Musk, les représailles de Trump
La cassure survient en mai 2025, lorsque Musk critique ouvertement le nouveau plan budgétaire proposé par Trump : « disgusting abomination », écrit-il, fustigeant un déficit aggravé de 2 400 milliards de dollars. Et ce après avoir été limogé de son poste au sein de l’administration.
L’homme d’affaires devenu politique ne laisse rien passer : Trump réplique en menaçant de supprimer les crédits d’impôt à l’achat de véhicules électriques et les subventions allouées aux entreprises de Musk. Le fondateur de Tesla, de son côté, accuse Donald Trump d’être dans la liste Epstein, et donc implicitement d’avoir participé aux crimes commis par le milliardaire Jeffrey Epstein.
Tesla piégée : quand la politique fait dérailler la Bourse
L’effet domino est immédiat. Le 5 juin, l’action Tesla chute de 14,2 %, selon The Guardian, effaçant 152 milliards de dollars de valorisation. À elle seule, cette perte représente l’équivalent du budget annuel de la NASA. Pour Musk, c’est un revers personnel : sa fortune diminue de 8,73 milliards de dollars. Pour Tesla, c’est un signal d’alarme.
Les marchés anticipent le pire : suppression ou réduction drastique des incitations fiscales pour l’achat de véhicules Tesla, ralentissement des projets de déploiement de robotaxis, gel de certaines extensions d’usines. Les analystes s’inquiètent aussi de la dépendance croissante de Tesla à l’égard du politique — et de la volatilité émotionnelle de son PDG. Selon Reuters, « l’incertitude autour des subventions rend la planification industrielle de Tesla extrêmement complexe ».



