Les mairies et les départements pourront installer des radars dès 2027

C’est une mesure de sécurité routière qui fait grincer des dents : dès 2027, les mairies et les départements pourront financer l’achat de radars.

Publié le
Lecture : 2 min
radar-mairie-departement-2027-securite
Les mairies et les départements pourront installer des radars dès 2027 © L'Automobiliste

C’est une nouveauté de l’année 2027 : les mairies et les départements pourront financer l’installation de radars partout sur le territoire. D’ici dix ans, plusieurs milliers pourraient apparaître sur le bord des routes françaises. L’association 40 millions d’automobilistes tire la sonnette d’alarme.


Les radars bientôt financés par les mairies et les départements


À partir de 2027, les mairies et les départements seront autorisés à financer l’installation de radars automatiques sur leur territoire. Cette mesure, annoncée dans le cadre d’une évolution du dispositif de sécurité routière, marque un tournant dans la gestion du contrôle des vitesses en France. La réforme prévoit que les collectivités territoriales puissent participer directement au financement des radars. Jusqu’à présent, ces équipements relevaient essentiellement de l’État, tant pour leur déploiement que pour leur gestion.

Ainsi, environ 5 000 nouveaux radars pourraient être installés dans les années à venir. Ce déploiement massif traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer le maillage du territoire en dispositifs de contrôle automatisé. Ce changement de modèle repose sur une logique de cofinancement. Les mairies et les départements auront ainsi la possibilité d’initier des projets en fonction de leurs priorités locales, notamment sur les axes jugés accidentogènes.


Une évolution des radars qui inquiète les automobilistes


L’association 40 millions d’automobilistes s’est rapidement opposée à cette mesure. Elle redoute que les radars deviennent des outils politiques ou financiers, au détriment de leur mission initiale. L’organisation met en garde contre une dérive possible. Selon elle, le fait de confier une part du financement aux collectivités pourrait inciter certaines d’entre elles à privilégier des emplacements rentables plutôt que réellement dangereux. Une crainte qui relance le débat récurrent sur la finalité des radars en France.

Dans une interview accordée au Parisien, Pierre Chasseray, le délégué général de 40 millions d’automobilistes, s’insurge contre la mesure. Selon lui : « Le premier radar en France date d’octobre 2003 et, depuis, on se pose encore la question de leur efficacité. La réalité, c’est qu’on a toujours plus de radars, toujours plus d’argent issu des radars, et toujours plus de morts sur les routes. Cette équation-là ne sauve pas de vies ! », s’est-il insurgé.

Du côté des pouvoirs publics, cette réforme est présentée comme un moyen d’adapter la politique de sécurité routière aux réalités locales. Les élus, mieux informés des problématiques de circulation sur leur territoire, pourraient ainsi cibler plus efficacement les zones à risque. Néanmoins, cette nouvelle logique pose la question du contrôle. Malgré tout, l’État conservera un rôle décisionnel dans l’implantation des radars, ils seront soumis à l’aval de chaque préfet.

Laisser un commentaire