BMW a présenté le 4 novembre des comptes qui illustrent les difficultés de l’automobile haut de gamme allemande. Le constructeur a enregistré 2,083 milliards d’euros de résultat avant impôt au troisième trimestre, en recul de 10,6 % sur un an. Dans le même temps, il a décidé d’accélérer sa réorganisation et de revoir sa prévision de rentabilité automobile pour 2026.
Dans son communiqué de résultats, BMW indique que la marge opérationnelle de son activité automobile a atteint 3,4 % sur le trimestre. Ce chiffre reste positif, mais le groupe prévoit désormais pour l’ensemble de l’année une marge publiée comprise entre -0,5 % et +0,5 %, contre une fourchette précédente de 1 à 3 %.
La réorganisation pèsera sur le dernier trimestre
Ce changement de prévision ne signifie pas que BMW a perdu de l’argent au troisième trimestre. Il reflète notamment les charges que le groupe prévoit de comptabiliser au quatrième trimestre pour ses mesures de restructuration et de réorganisation du portefeuille de modèles.
Selon Reuters, le programme comprend environ 8 000 suppressions de postes envisagées en Allemagne. BMW entend aussi réduire plus rapidement certaines fonctions de direction. Le constructeur fait face à une concurrence particulièrement forte en Chine, où les marques locales gagnent du terrain.
Le groupe maintient néanmoins son objectif de flux de trésorerie disponible supérieur à 2,5 milliards d’euros pour sa division automobile sur l’exercice. Il distingue ainsi les charges comptables liées à sa transformation de la génération de trésorerie attendue.
L’électrique continue de progresser dans les livraisons
Les véhicules entièrement électriques ont représenté 20 % des livraisons de BMW au troisième trimestre, et les modèles rechargeables 27,4 % en incluant les hybrides. Ces proportions, publiées par le constructeur, montrent que la transition de sa gamme se poursuit même si les marges restent sous pression.
La nouvelle génération de véhicules électriques, baptisée Neue Klasse, doit jouer un rôle important dans cette transformation. Mais le succès commercial de nouveaux modèles ne suffira pas, à lui seul, à effacer immédiatement les coûts de réorganisation.
Pour les automobilistes européens, ces résultats ne constituent pas l’annonce d’une modification immédiate des prix ou des garanties. Ils montrent surtout que les constructeurs premium doivent financer simultanément de nouvelles technologies, une gamme en mutation et des ajustements industriels, alors que leurs marchés ne progressent pas tous au même rythme.
