Santé : les patients devront bientôt partager leur ambulance

Véhicules
Le Parlement a voté un décret qui devrait prochainement entrer en vigueur. Ce dernier va imposer aux patients le partage de leur transport sanitaires, comme les ambulances. L'objectif ? faire des économies à la Sécurité sociale.    

Le partage de l'ambulance sera obligatoire

  Selon un décret qui sera publié prochainement et que Franceinfo a pu consulter, les patients utilisant des transports sanitaires, comme des ambulances, seront contraints de partager leur véhicule avec trois autres malades au maximum, ce qui induit des détours pouvant aller jusqu'à 10 kilomètres par patient, soit 30 kilomètres au total. Ce décret a été voté dans le but de réaliser des économies pour la Sécurité sociale, qui a remboursé 6 milliards d'euros de frais de transport sanitaire en 2022. Cette nouvelle mesure soulève des questions logistiques, mais aussi éthiques. Pour un patient effectuant régulièrement des trajets pour des traitements lourds comme la dialyse ou la chimiothérapie, un détour de 30 kilomètres peut non seulement prolonger considérablement la durée du trajet, mais également aggraver son inconfort et sa fatigue, comme le souligne Bruno Lamothe de Renaloo. Pour ce dernier, il serait plus judicieux de prendre en compte la durée du trajet plutôt que la simple distance. Le cadre législatif inclut également un « délai d'attente raisonnable » pour ces transports partagés. Selon Catherine Simonin de la Ligue contre le Cancer, cette notion demeure trop vague et pourrait causer des attentes prolongées, déjà fréquentes en cas d'urgence. Le décret supprime par ailleurs certaines mesures sanitaires strictes, telles que le port du masque à l'intérieur des véhicules partagés comme les ambulances, augmentant ainsi le risque de contamination entre les passagers immunodéprimés.

Justifier de son incompatibilité ou avancer les frais soi-même

  Le transport individuel reste possible à condition que les patients aient une justification de leur incompatibilité pour le transport partagé via une ordonnance de leur médecin. Sans cette dernière, les malades pourraient se voir infliger une pénalité financière ou devraient avancer eux-mêmes leurs frais de transports par ambulance. L'option de payer ces frais peut se révéler financièrement insoutenable pour beaucoup de patients. Comme le souligne en effet Bruno Lamothe, pour des patients subissant des traitements réguliers, comme la dialyse, les coûts peuvent s'élever à 20 000 euros par an.