Le marché automobile français avance à deux vitesses. En octobre 2026, les immatriculations de voitures particulières neuves ont augmenté de 7 % sur un an, tandis que celles des véhicules utilitaires légers (VUL) ont diminué de 13 %. Ce contraste ressort du bilan publié le 1er novembre par la Plateforme automobile (PFA), à partir des données d’AAA Data.
Près de 4 200 utilitaires immatriculés en moins sur un an
Le dossier statistique détaillé de la PFA fait état d’environ 27 800 utilitaires légers neufs immatriculés en octobre, contre 31 982 en octobre 2025. La baisse atteint 13 % en données brutes. Les chiffres sont provisoires et portent sur les véhicules utilitaires de moins de 5,1 tonnes, selon le périmètre retenu par l’organisation.
Le calendrier explique une partie, mais pas la totalité, de l’écart : octobre 2026 comptait 22 jours ouvrés, contre 23 un an plus tôt. Après correction de cet effet, la PFA mesure encore un recul de l’ordre de 9 % pour les utilitaires. À l’inverse, les voitures particulières atteignent 149 341 immatriculations, en progression de 7 % en données brutes et d’environ 11,9 % après correction des jours ouvrés.
En additionnant voitures et utilitaires, le marché des véhicules légers progresse de 3,3 % en octobre. Ce chiffre global masque donc une divergence nette entre deux catégories qui ne répondent pas aux mêmes usages : les voitures particulières sont achetées ou louées notamment par les ménages et les flottes, tandis que les utilitaires servent aux activités de livraison, de maintenance, d’artisanat et de transport professionnel.
Stellantis particulièrement touché sur les utilitaires
La ventilation par constructeur montre que le recul n’est pas uniforme. Dans le dossier PFA, Stellantis enregistre environ 8 830 immatriculations d’utilitaires, en baisse de 26,9 % sur un an. Au sein du groupe, Peugeot recule de 27,8 % à 4 173 unités et Citroën de 29,2 % à 3 011 unités. Ces chiffres concernent les utilitaires, pas l’ensemble des véhicules vendus par ces marques.
Le groupe Renault résiste relativement mieux, avec 8 319 utilitaires immatriculés, soit une diminution de 6,5 %. La marque Renault, prise isolément, en compte 8 154, en recul de 6,4 %. Toyota accuse également une baisse de 23,2 %, avec 1 154 immatriculations. Les autres marques réunies affichent une quasi-stabilité, autour de 9 500 unités, ce qui modifie la répartition du marché.
Ce décrochage est d’autant plus notable que les résultats sont différents pour les voitures particulières : sur ce segment, Stellantis gagne 2,8 % en octobre, selon le flash mensuel de la PFA. La progression des modèles destinés aux particuliers ne suffit donc pas à effacer la faiblesse des immatriculations d’utilitaires.
Un repli qui dépasse le seul mois d’octobre
La tendance s’inscrit dans la durée. De janvier à octobre 2026, la PFA recense environ 279 500 utilitaires légers neufs, soit une contraction de 6,2 % par rapport aux dix premiers mois de 2025. Sur la même période, les voitures particulières progressent de 4,4 %, à 1 384 293 immatriculations.
Pour les constructeurs, les équipementiers et les concessionnaires spécialisés, cette divergence appelle une attention particulière : elle touche un marché lié au renouvellement des outils de travail des entreprises. Pour les artisans et gestionnaires de flottes, elle invite à surveiller les offres, les délais de livraison, les motorisations disponibles et le coût total d’utilisation avant de remplacer un véhicule.
Les statistiques d’immatriculation ne permettent toutefois pas, à elles seules, de conclure que les entreprises renoncent à investir. Elles mesurent des mises en circulation, pas directement les commandes, les stocks disponibles ni les intentions d’achat. Les raisons précises de la baisse restent donc à documenter, notamment en distinguant les difficultés d’approvisionnement, les arbitrages financiers et les décisions de renouvellement des flottes.
Le prochain bilan mensuel permettra de vérifier si le marché des utilitaires se redresse ou si l’écart avec les voitures particulières se prolonge. À ce stade, les données d’octobre confirment surtout que la reprise du marché automobile français ne bénéficie pas à tous ses segments.
