Dacia Sandero : cette nouvelle version électrique promet une autonomie de 430 km

Dacia franchit un cap décisif avec sa Sandero de quatrième génération, attendue en 2028. Cette nouvelle mouture proposera une version 100% électrique affichant jusqu’à 430 km d’autonomie pour un prix inférieur à 23 000 euros, confirmant l’ambition du constructeur roumain de démocratiser l’électromobilité dans le segment B.

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Dacia Sandero : cette nouvelle version électrique promet une autonomie de 430 km
Dacia Sandero : cette nouvelle version électrique promet une autonomie de 430 km © L'Automobiliste

Un tournant stratégique pour la citadine roumaine

Après avoir longtemps résisté à l’électrification totale, Dacia s’apprête à franchir un cap décisif avec sa quatrième génération de Sandero, attendue pour 2028. Le constructeur roumain, filiale du groupe Renault, confirme le développement d’une déclinaison 100% électrique de son modèle phare, marquant ainsi une rupture avec sa stratégie historique. Cette évolution s’inscrit dans un contexte particulièrement délicat pour la marque : au premier trimestre 2026, la Sandero a chuté à la cinquième position des ventes françaises avec 13 633 immatriculations, perdant ainsi sa place dans le prestigieux podium qu’elle occupait encore en 2025 avec 64 400 unités écoulées.

Face à cette érosion commerciale et à l’électrification accélérée du marché européen, Dacia opère un virage technologique majeur tout en préservant son ADN d’accessibilité. Selon les informations révélées par 01net, la future Sandero électrique devrait proposer jusqu’à 430 kilomètres d’autonomie dans sa configuration maximale, un chiffre qui positionne la citadine roumaine au niveau des références actuelles du segment B électrique. Plus remarquable encore, le constructeur vise un prix de base inférieur à 23 000 euros, confirmant ainsi sa volonté de démocratiser l’accès à la mobilité zéro émission.

Une architecture technique pensée pour la polyvalence énergétique

L’ambition de Dacia repose sur une approche pragmatique et économiquement rationnelle : développer une plateforme unique capable d’accueillir l’ensemble des motorisations. Comme l’affirme Katrin Adt, directrice générale de la marque, l’objectif est clair : « Une seule plateforme pour tous les modèles ». Cette architecture, baptisée RGMP-Small et dérivée de l’actuelle CMF-B, constituera le socle technique de la prochaine génération de Sandero, qu’elle soit propulsée par un moteur essence, une chaîne de traction hybride ou un groupe motopropulseur électrique.

Cette mutualisation technologique représente un arbitrage stratégique majeur. Contrairement à certains concurrents qui développent des plateformes dédiées exclusivement à l’électrique, Dacia privilégie la flexibilité et la maîtrise des coûts. D’après les informations communiquées par l’Autojournal, cette approche permettra de proposer simultanément plusieurs variantes énergétiques, répondant ainsi aux attentes diversifiées des automobilistes européens qui n’ont pas tous franchi le pas de l’électrification complète.

Sur le plan technique, la Sandero électrique devrait décliner trois capacités de batteries distinctes. La version d’accès intégrerait un pack de 27,5 kWh offrant environ 260 kilomètres d’autonomie, suffisant pour un usage essentiellement urbain et périurbain. Une configuration intermédiaire de 40 kWh viendrait compléter la gamme, tandis que la version haut de gamme embarquerait une batterie de 52 kWh autorisant les 430 kilomètres d’autonomie annoncés. Cette dernière option positionnerait la Sandero électrique en concurrence directe avec des modèles comme la Renault 5 E-Tech ou la Peugeot e-208, tout en conservant un avantage tarifaire substantiel.

Un design évolutif préservant l’identité familiale

Visuellement, la quatrième génération de Sandero conservera l’essentiel de l’architecture stylistique qui fait son succès depuis trois décennies. Les versions électriques et thermiques partageront une silhouette quasi identique, seuls quelques détails permettant de les distinguer. La déclinaison zéro émission arborera une calandre pleine, des poignées de portes affleurantes et diverses optimisations aérodynamiques destinées à maximiser l’autonomie. Cette sobriété stylistique reflète la philosophie de Dacia : privilégier l’efficience et la rationalité plutôt que l’exubérance formelle.

La variante Stepway, qui rencontre un succès croissant auprès d’une clientèle recherchant une allure baroudeuse, sera naturellement reconduite. David Durand, directeur du design de la marque, a d’ailleurs annoncé sa volonté d’instaurer « davantage de différences entre ces deux membres de la famille », suggérant une personnalisation visuelle plus marquée entre la Sandero classique et sa déclinaison aventurière. Cette différenciation accrue pourrait contribuer à élargir encore la clientèle de la citadine roumaine en répondant à des attentes esthétiques et fonctionnelles distinctes.

Un positionnement tarifaire audacieux face à une concurrence électrifiée

Le pari de Dacia consiste à proposer une électrique accessible sans sacrifier les prestations essentielles. Avec un tarif visé sous les 23 000 euros, la Sandero électrique se positionnerait plusieurs milliers d’euros en dessous de ses concurrentes directes du segment B. Cette stratégie tarifaire agressive s’inscrit dans la continuité de l’ADN historique de la marque, qui a bâti sa réputation sur un rapport qualité-prix imbattable. Frank Marotte, vice-président marketing, ventes et opérations de Dacia, revendique d’ailleurs cette ambition de devenir « la référence de l’accessibilité dans le monde de l’électrique ».

Néanmoins, cet objectif tarifaire implique des compromis techniques. En conservant une plateforme multi-énergies plutôt qu’une architecture dédiée exclusivement à l’électrique, Dacia limite potentiellement les capacités de batteries et l’optimisation de l’espace intérieur. Les plateformes natives électriques, comme celle qui équipe la Renault 5 E-Tech, offrent généralement un plancher plat, un empattement optimisé et une meilleure répartition des masses. Toutefois, leur développement représente un investissement considérable que Dacia préfère éviter pour maintenir ses prix attractifs.

Une offensive électrique plus large d’ici 2030

La Sandero électrique ne constitue qu’une pièce d’un puzzle stratégique plus vaste. Dacia prévoit quatre lancements 100% électriques d’ici la fin de la décennie, avec notamment une nouvelle génération de Spring attendue pour 2027 et une version électrifiée du Duster. L’objectif affiché par la marque est ambitieux : atteindre deux tiers de ventes électrifiées en 2030, témoignant d’une accélération spectaculaire pour un constructeur longtemps réticent à l’électrification totale.

Cette transformation radicale contraste avec les déclarations antérieures de Denis Le Vot, ancien PDG de Dacia, qui estimait que le marché n’était « pas encore prêt » pour le tout électrique. Désormais, la pression réglementaire européenne, l’évolution des attentes consommateurs et la multiplication des infrastructures de recharge rendent cette transition incontournable, même pour les marques positionnées sur l’entrée de gamme.

Le calendrier de lancement en 2028 laisse néanmoins à Dacia le temps d’observer l’évolution du marché et d’affiner son positionnement. D’ici là, la concurrence se sera encore densifiée avec l’arrivée probable de nouvelles citadines électriques abordables, notamment chinoises. La capacité de Dacia à tenir ses promesses tarifaires tout en proposant une autonomie compétitive déterminera le succès commercial de cette quatrième génération. Pour une marque qui a construit sa renommée sur la fiabilité et l’accessibilité, l’enjeu consiste désormais à démontrer que ces valeurs peuvent également s’appliquer à l’univers de l’électromobilité, traditionnellement perçu comme onéreux et technologiquement complexe.

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