Des valeurs résiduelles en chute libre pour les modèles électriques
Depuis le 2e trimestre 2025, le prix moyen d’une voiture électrique d’occasion est passé sous la barre des 20.000 euros, atteignant 19.990 euros, soit une baisse de 13,08 % en un an.
Ce décrochage spectaculaire concerne des modèles phares :
- La Peugeot e-208 affiche une perte de 17,5 % sur un an, avec une valeur d’occasion médiane de 16.490 euros.
- La Tesla Model 3, pourtant positionnée dans le haut de gamme, cède 12,5 %, à 27.990 euros.
- Même la Renault ZOE, longtemps championne de la décote lente, fléchit de 5,7 % sur ce trimestre.
Ce phénomène fragilise les valeurs résiduelles estimées par les constructeurs, notamment pour les véhicules issus de contrats de location longue durée (LLD) ou location avec option d’achat (LOA).
Un retour massif de véhicules en fin de contrat
Les raisons de cette pression à la baisse sont identifiées. Selon Automobile Propre, le marché de l’occasion absorbe actuellement un afflux de véhicules électriques issus de flottes professionnelles, revenus en masse après trois ou quatre ans de location.
En parallèle, le rapport Indicata souligne que l’offre excède désormais largement la demande. En avril 2025, on comptait plus de trois véhicules électriques d’occasion disponibles pour un seul acheteur potentiel, contre 1,5 à 2 pour les modèles thermiques. Cette disproportion tire mécaniquement les prix vers le bas et fragilise les perspectives de revalorisation en fin de contrat.
Pour les marques, un rééquilibrage stratégique s’impose
Cette chute des valeurs de revente représente un défi immédiat pour les constructeurs. Les modèles électriques mis sur le marché depuis 2020-2021 arrivent aujourd’hui en fin de cycle de financement, et leur décote affecte les marges de reprise, les planifications de renouvellement, et la rentabilité des formules locatives.
Chez Peugeot, la baisse de la e-208 impacte le calcul des loyers pour les nouvelles offres. Chez Tesla, qui maîtrise directement la chaîne de revente de ses Model 3, il s’agit de préserver une cohérence tarifaire entre le neuf et l’occasion. Quant à Renault, le cas ZOE oblige à réajuster les valeurs de référence pour les véhicules d’entreprise ou les flottes publiques.
Certaines marques commencent à réagir en proposant des garanties batterie élargies, des offres de reprise renforcée, ou des services de certification via des professionnels labellisés, selon Le Figaro.
Le rôle stratégique de la confiance dans la revalorisation
Pour limiter la spirale baissière, les acteurs misent sur un levier décisif : la confiance des acheteurs. D’après l’étude conjointe La Centrale – Avere-France, 48 % des acheteurs potentiels envisagent une voiture électrique d’occasion, à condition de bénéficier de garanties solides :
- état de la batterie (exigé par 56 % des sondés),
- historique complet du véhicule,
- bornes de recharge accessibles,
- professionnels labellisés pour sécuriser la transaction.
Comme l’a résumé Anaïs Harmant, directrice marketing de La Centrale:
« Le véritable enjeu n’est plus le coût, mais la confiance : garantir l’état de la batterie, l’historique du véhicule, et proposer un accompagnement professionnel. »

