Une Renault 5 en tête, un Model Y aux abonnés absents : ce nouveau classement des ventes de voitures électriques ressemble à un basculement. Et ce n’est pas qu’une affaire de chiffres : c’est un changement de repères pour les automobilistes.
Le mois d’avril 2025 signe un tournant discret mais révélateur dans l’univers de l’électrique. Tandis que les modèles grand public trustent les premières places, certaines icônes s’effacent. Et Tesla, jadis indétrônable, sort purement et simplement des premières places du classement.
Ventes de voitures électriques : Tesla sort du top 10, la fin d’un cycle ?
C’est l’information choc du mois : aucun modèle Tesla ne figure dans le top 10 des ventes électriques en France en avril 2025. Le Model Y, pourtant deuxième en mars, chute à la 11ᵉ place, malgré l’arrivée récente de sa version restylée. En cumulé depuis janvier 2025, il descend à la 4ᵉ position, avec 5 237 exemplaires immatriculés.
Un décrochage brutal, confirmé par les chiffres globaux de la marque : –60 % en avril par rapport à l’année précédente, et –44 % depuis le début 2025 avec 7 556 immatriculations. Le coup est dur, même pour une marque habituée à dominer. Le restylage du Model Y n’a visiblement pas suffi à relancer l’attractivité, et les prochaines versions Propulsion, attendues plus accessibles, ne sont pas encore arrivées sur le marché.
Le nouveau Top 10 des ventes électriques en France est sans appel : sept modèles français s’y imposent. Voici les cinq premières places d’avril :
- Renault 5 : 2 267 ventes
- Renault Scenic : 1 463 ventes
- Citroën C3 : 1 056 ventes
- Peugeot 208 : 938 ventes
- Volkswagen ID.3 : 899 ventes
La Peugeot 2008, la Peugeot 3008, la Renault Mégane, et même la Kia EV3 ferment la marche, tandis que la Dacia Spring glisse hors du top mensuel, malgré ses bons résultats cumulés (9e place sur quatre mois).
Côté allemand, seul BMW résiste timidement avec le iX1 en 9ᵉ position. Les marques premium sont globalement absentes, confirmant un recentrage du marché autour de véhicules compacts, polyvalents et plus abordables.
Pourquoi ce glissement ?
Plusieurs éléments expliquent cette recomposition du classement :
- Les constructeurs français ont renforcé leur offre sur les segments les plus accessibles, avec des modèles bien calibrés pour un usage urbain et périurbain, comme la Renault 5 ou la C3 électrique.
- Les prix des modèles Tesla restent élevés, malgré des baisses ponctuelles. Un Model Y débute encore autour de 45 000 €, là où une C3 ou une Renault 5 électrique se négocie sous les 30 000 € bonus déduit.
- L’effet nouveauté joue à plein pour certains modèles fraîchement lancés, à l’image du Scenic électrique.
- Enfin, l’image d’Elon Musk, en net recul en Europe, pèse clairement sur l’attractivité de la marque. Ses prises de position clivantes en faveur du Président des États-Unis, Donald Trump, n’aident pas,
Si l’électrique continue de grignoter du terrain, sa progression reste modeste en avril (+2,78 %). Et sur l’ensemble des quatre premiers mois de l’année, elle affiche même une baisse de 4,40 %, avec 100 061 véhicules écoulés contre 104 669 en 2024.
Le marché automobile dans son ensemble reste lui aussi sous pression, avec –5,64 % en avril, à 139 000 immatriculations, selon la Plateforme automobile (PFA). En parallèle, les hybrides simples explosent : +47,42 % en avril, +54,52 % sur quatre mois, soit 239 247 voitures vendues. Les hybrides rechargeables, eux, plongent de –7,52 % sur le mois, –39,15 % sur l’année.






