Rouler à deux-roues coûte de plus en plus cher : l’assurance moto surchauffe

Un élément souvent sous-estimé dans le calcul de la prime : le stationnement. Pourtant, il a un vrai poids.

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Rouler à deux-roues coûte de plus en plus cher : l’assurance moto surchauffe © L'Automobiliste

Rouler à moto, ce n’est pas qu’un plaisir de passionné ou un choix pratique pour esquiver les bouchons. C’est aussi, et de plus en plus, un budget à surveiller de près. En 2024, la facture d’assurance a pris un sérieux coup d’accélérateur, et rien ne laisse présager un retour au calme pour les conducteurs de deux-roues.

Une prime moyenne en hausse : le portefeuille prend un coup

En 2024, les conducteurs de motos ont déboursé 423 euros en moyenne pour leur assurance. Un montant en hausse de 3 % par rapport à 2023, et de 8 % depuis 2022, selon le baromètre annuel publié par LeLynx.fr. Et ce n’est pas fini : le premier trimestre 2025 affiche déjà une augmentation de 9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une progression régulière, qui finit par peser lourd pour bon nombre d’usagers.

Le phénomène n’est pas anodin. Il reflète plusieurs tendances de fond : des pièces détachées plus chères, des réparations plus coûteuses, et une augmentation du nombre d’accidents. Des facteurs concrets qui viennent expliquer la tension sur les tarifs.

Les jeunes motards particulièrement visés

Le profil des assurés fait une vraie différence. Et les jeunes sont clairement désavantagés. Les moins de 25 ans payent 741 euros par an en moyenne, contre 376 euros pour les autres conducteurs. Soit près du double.

Arthur Martiano, PDG de LeLynx.fr, l’explique : « Les jeunes conducteurs sont particulièrement impactés, avec des primes presque deux fois plus élevées que celles des motards plus expérimentés. » En clair : peu d’expérience, plus de sinistres, donc plus de risques pour les assureurs.

À titre d’exemple, un motard de 23 ans souhaitant assurer une Yamaha MT-07 en tous risques devra débourser 1 095 euros. Le même contrat, pour un motard de 40 ans avec plusieurs années de conduite, descend à 579 euros. L’écart est net.

Tous risques ou au tiers : un choix dicté par la moto

Les deux-roues n’ont pas tous les mêmes besoins d’assurance. En 2024, 51 % des conducteurs ont choisi la formule tous risques, mais ce chiffre grimpe à 60 % pour les motards contre seulement 38 % pour les scootéristes. Le choix est logique : les motos sont souvent plus puissantes, plus coûteuses, et donc plus à risque.

Du côté des scooters, on privilégie davantage l’assurance au tiers, surtout pour les 50 cm³, souvent utilisés en zone urbaine par des profils plus jeunes. Pourtant, les chiffres montrent que ces petits deux-roues ne sont pas forcément les moins chers à couvrir. Un 50 cm³ coûte 323 euros à assurer au tiers, contre 271 euros pour une moto. Pourquoi ? Parce qu’ils sont souvent conduits par des jeunes, en ville, là où les risques de vol ou d’accrochage sont les plus élevés.

Les modèles les plus chers à assurer

Certains véhicules sortent du lot, et pas dans le bon sens. Le Yamaha TMAX, star incontestée des scooters, affiche une prime tous risques de 844 euros. À ses côtés, le XMAX 125 est plus raisonnable avec 444 euros, tandis que le Honda Forza 125 tourne autour de 409 euros.

Côté moto, les chiffres restent élevés : la Yamaha MT 07 revient à 777 euros, la Kawasaki Z à 589 euros, et la Honda CB750 Hornet à 717 euros. Les différences tiennent à la fois à la valeur des modèles, leur popularité, et le profil de ceux qui les conduisent.

Stationner malin, pour payer moins

Un élément souvent sous-estimé dans le calcul de la prime : le stationnement. Pourtant, il a un vrai poids. Un véhicule garé dans un parking fermé individuel coûte en moyenne 394 euros à assurer. En parking public surveillé, on grimpe à 536 euros. Et sur la voie publique, les assureurs n’aiment pas : le risque est trop fort.

Le comportement des conducteurs le reflète : 70 % des motards choisissent un garage fermé, contre 47 % des scootéristes. Seulement 4 % des motards stationnent sur la voie publique, contre 15 % des scooters. Ce simple choix peut faire gagner ou perdre plusieurs dizaines d’euros par an.

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