L’Europe semble obsédée par l’idée de prédire la « mort » de Tesla. Les discussions répétées sur une disparition imminente du constructeur, malgré sa place de leader, posent question. On invoque surtout les dérives politiques de son fondateur (Elon Musk) et une chute des ventes dès le début de 2025. Mais cette baisse pourrait aussi venir d’un simple renouvellement stratégique de modèles très populaires, notamment le Model Y, plutôt que d’un déclin inévitable.
Des lectures du marché qui ne vont pas dans le même sens
Le marché européen des voitures électriques montre une progression générale de 26 %. Pourtant, Tesla ne profite pas pleinement de cette dynamique : ses ventes chutent fortement, d’environ 30 % sur l’année, et même de 48,5 % en octobre par rapport à l’année précédente. Certains experts pensent que ce creux est lié au cycle de renouvellement des Model 3 et Model Y, et non à une disparition définitive.
Le 4 novembre, plusieurs interventions ont relancé le débat. Lors de la journée de la filière automobile (PFA), Antonio Filosa, patron de Stellantis, a donné son avis sur Tesla. François Lenglet, chroniqueur économique à RTL, a publié une chronique intitulée « Elon Musk a tué Tesla », dénonçant la pauvreté de la gamme actuelle. Carlos Tavares, dans sa biographie, qualifie Tesla d’être dans une « impasse stratégique » et évoque le risque d’un dépassement par les constructeurs chinois. Ces prises de parole renforcent l’idée d’un avenir incertain pour la société d’Elon Musk.
Ce qui coince dans la stratégie de Tesla
Les critiques ciblent surtout la gamme limitée et le manque de nouveautés marquantes. Tesla reste très centré sur les Model 3 et Model Y, a proposé des versions dépouillées et a baissé les prix, sans réussir à relancer l’intérêt. Sur le plan stratégique, l’accent mis par Elon Musk sur des technologies futuristes comme les robotaxis autonomes n’a pas encore suffi à remplir les carnets de commandes. La politique tarifaire agressive et les versions plus abordables ne remplacent pas l’absence d’un véhicule sous la barre des 27 600 €, un segment important en Europe où Tesla est peu présent.
La concurrence se renforce aussi. D’après Auto Plus, Volkswagen a triplé ses ventes électriques par rapport à Tesla sur les neuf premiers mois de l’année, tandis que BYD a vendu deux fois plus de voitures que Tesla en Europe le mois dernier. Des acteurs comme Xiaomi s’engagent aussi sur le marché automobile avec de nouveaux modèles, notamment la YU7, ce qui augmente la pression concurrentielle.






