Uber a officialisé, depuis le 10 septembre 2025, la possibilité de commander un hélicoptère sur son application dès 2026. Cette annonce, rendue possible grâce à Joby Aviation et à l’acquisition récente de Blade, s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à diversifier ses services de mobilité. Avec ce projet, Uber entend transformer l’accès au transport aérien et redéfinir son rôle dans l’économie des déplacements urbains et interrégionaux.
Les modalités du partenariat Uber – Joby Aviation
Le développement de ce service repose sur un partenariat stratégique. En août 2025, Joby Aviation a finalisé le rachat de Blade Air Mobility pour un montant pouvant atteindre 125 millions de dollars, selon Reuters. Cette opération confère à Joby un réseau opérationnel immédiatement exploitable, avec des terminaux et des liaisons existantes en Amérique du Nord et en Europe du Sud. À court terme, les trajets en hélicoptère proposés par Uber s’appuieront sur la flotte classique de Blade. L’objectif est double, assurer une rentabilité immédiate en valorisant les infrastructures actuelles et préparer le terrain à l’arrivée de l’eVTOL, l’appareil électrique à décollage et atterrissage vertical développé par Joby.
Comme l’a expliqué l’entreprise, dans des propos rapportés par Cnews : « l’intégration de Blade est la première phase du développement commercial de Joby, et cela prépare le terrain pour l’électrification de liaisons avec des appareils Joby une fois qu’ils seront certifiés aux États-Unis ». Ce calendrier progressif illustre la logique de Joby Aviation : utiliser l’expérience opérationnelle de Blade pour affiner les modèles économiques, obtenir les certifications réglementaires et préparer l’introduction des taxis volants électriques dans des marchés testés par des hélicoptères traditionnels.
Zones desservies et calendrier
Le service Uber en hélicoptère sera déployé de manière sélective, en priorité dans les zones où la demande est forte et les infrastructures déjà en place. Aux États-Unis, New York apparaît comme un marché naturel : les liaisons vers JFK, Newark, LaGuardia ou encore les Hamptons figurent parmi les itinéraires prévus, selon Reuters. En France, l’attention se porte sur la Côte d’Azur. Nice, Monaco, Cannes et Saint-Tropez devraient constituer les premiers points d’ancrage du service. La densité touristique et la forte concentration de clients à haut pouvoir d’achat justifient ce choix.
Comme l’a relevé CNEWS, le sud du pays s’impose comme une zone pilote, où la combinaison entre attractivité économique et capacité d’accueil rend ce modèle viable. L’application Uber permettra donc, dès 2026, de commander un vol en hélicoptère comme on réserverait un VTC. Cette première étape repose sur les appareils de Blade, avant le basculement progressif vers les taxis électriques de Joby. JoeBen Bevirt, fondateur et directeur général de Joby Aviation, a résumé l’ambition : « Avec la plate-forme mondiale d’Uber, nous ouvrons la voie à une nouvelle ère du transport aérien dans le monde ».
Uber et Joby misent sur l’innovation et la durabilité
Le partenariat Uber – Joby Aviation ne se limite pas à une innovation marketing : il traduit une stratégie économique et technologique d’envergure. Pour Uber, l’intégration des vols en hélicoptère diversifie ses sources de revenus en s’attaquant à un segment premium, déjà exploré dans le passé avec Uber Copter à New York. Pour Joby, la mise en service des trajets Blade via Uber représente une occasion unique de générer des recettes avant même l’arrivée de ses propres véhicules électriques. Les chiffres illustrent le potentiel. En 2024, Blade a transporté plus de 50 000 passagers entre New York et l’Europe du Sud, peut-on lire dans le communiqué officiel de Joby Aviation. Avec son acquisition, Joby dispose donc d’une base de clientèle existante et de volumes significatifs, renforçant la crédibilité commerciale du projet.
Sur le plan technique, les perspectives sont tout aussi notables. L’eVTOL de Joby est conçu pour accueillir quatre passagers plus un pilote, atteindre une vitesse de 200 mph (environ 320 km/h) et générer un bruit jusqu’à 100 fois plus faible que celui d’un hélicoptère conventionnel. Ce triple atout, capacité, rapidité et silence, répond aux principales objections qui freinaient jusqu’ici l’intégration de taxis aériens en milieu urbain. La durabilité est également un élément clé. Alors que les hélicoptères classiques sont énergivores et bruyants, l’eVTOL de Joby se positionne comme une solution plus respectueuse de l’environnement. L’électrification des liaisons pourrait réduire considérablement l’empreinte carbone, à condition que les réglementations suivent.
Le défi réside désormais dans l’obtention des certifications auprès des autorités américaines et européennes, condition indispensable avant toute exploitation commerciale. L’exemple des tarifs actuels donne une idée du positionnement. Selon CNEWS, une liaison en hélicoptère entre Sorrente (sud de Naples) et l’île de Capri coûte environ 1 500 euros pour un groupe de six personnes, soit près de 250 € par passager. Si Uber parvient à industrialiser et démocratiser ce type de trajet, les prix pourraient être ajustés, mais le service restera dans une gamme premium.






