Les usines automobiles britanniques ont produit 74 031 véhicules en septembre 2026, soit 36,3 % de plus qu’un an auparavant. Cette hausse, annoncée le 29 octobre, tient en grande partie à la comparaison avec septembre 2025, lorsque une cyberattaque avait interrompu la production du principal constructeur du pays. Derrière ce rebond spectaculaire, le bilan des neuf premiers mois reste négatif.
Un mois de septembre porté par le rattrapage industriel
Selon les chiffres publiés par la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), les seules voitures particulières représentent 70 831 unités, en hausse de 38,6 % sur un an. C’est le meilleur mois de septembre pour cette production depuis 2023. La fabrication de véhicules utilitaires, elle, a légèrement diminué, de 0,9 %.
Le point de comparaison est déterminant. Les arrêts provoqués par une cyberattaque dans l’industrie automobile britannique avaient fortement pesé sur les volumes de septembre 2025. Le redressement de 2026 reflète donc à la fois le retour d’une activité normale et la faiblesse exceptionnelle de l’année précédente. Reuters souligne également cette particularité dans son compte rendu des statistiques.
La photographie sur neuf mois est moins favorable : les usines du Royaume-Uni ont assemblé 564 537 voitures et véhicules utilitaires depuis janvier, soit une baisse de 3 % par rapport à la même période de 2025. La SMMT cite une prévision de 731 000 véhicules légers produits sur l’ensemble de 2026, avant un possible redressement à 752 000 en 2027 grâce à l’arrivée de nouveaux modèles, principalement électriques.
L’Union européenne reste le premier client des usines britanniques
En septembre, 76,7 % des voitures produites outre-Manche étaient destinées à l’exportation. L’Union européenne en a absorbé 57,5 %, avec des volumes en progression de 12,7 % sur un an. Les expéditions vers les États-Unis et la Chine ont également fortement augmenté, mais leurs taux de croissance sont calculés à partir de niveaux de départ plus faibles.
Cette dépendance au marché européen donne aux résultats britanniques une portée qui dépasse le Royaume-Uni. Les constructeurs implantés de part et d’autre de la Manche partagent des fournisseurs, des équipements et des débouchés. Pour les entreprises françaises participant à cette chaîne industrielle, la stabilité de la production britannique et la fluidité des échanges restent des paramètres importants, même si les chiffres de septembre ne permettent pas de mesurer directement leurs commandes.
Le contenu des voitures produites évolue lui aussi. Les modèles électrifiés — électriques à batterie, hybrides et hybrides rechargeables — représentent 42,3 % de la fabrication britannique de voitures en septembre, après une hausse de 22,5 % de leurs volumes. Ils constituent 70,1 % des voitures exportées. Ces catégories regroupent plusieurs technologies et ne correspondent pas uniquement aux véhicules entièrement électriques.
Les règles commerciales de 2027 pèsent sur les perspectives
La SMMT s’inquiète des futures règles européennes de préférence industrielle et du durcissement prévu des critères d’origine pour les batteries dans les échanges entre l’Union et le Royaume-Uni. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a demandé un aménagement temporaire de ces dernières : selon ses estimations, une large partie des voitures électriques exportées de l’Union vers le Royaume-Uni en 2027 risquerait de ne pas satisfaire les nouvelles exigences.
Les négociations concernent donc les deux sens de circulation des véhicules et des composants. Pour les automobilistes français, les effets éventuels sur les gammes disponibles ou les tarifs dépendront des règles finalement appliquées et des choix commerciaux des marques. Pour les industriels, l’échéance de 2027 intervient au moment où les investissements dans les batteries et les nouveaux modèles doivent soutenir la reprise.
Le prochain test sera celui des mois suivants : il faudra vérifier si la hausse de septembre se prolonge une fois dissipé l’effet statistique de la cyberattaque de 2025. Le redressement durable des usines britanniques se jouera autant dans leurs carnets de commandes que dans les conditions d’accès au marché européen.
