Une Bugatti Tourbillon à boîte manuelle, débarrassée de son système hybride : Mate Rimac considère désormais ouvertement cette possibilité. Dans un entretien publié par Top Gear le 26 octobre 2026, le dirigeant explique que l’architecture de la Tourbillon peut servir à développer d’autres voitures. Interrogé sur une transmission manuelle, il répond favorablement. Pour l’heure, il s’agit d’une orientation envisagée, et non d’un lancement commercial.
L’idée a de quoi surprendre : Rimac s’est fait connaître avec des hypersportives électriques, tandis que Bugatti a bâti sa réputation récente sur des voitures à la puissance exceptionnelle et aux transmissions automatisées. Une déclinaison à trois pédales privilégierait davantage l’implication du conducteur que la recherche de performances maximales.
Ce qui pourrait changer par rapport à la Bugatti Tourbillon
La Tourbillon actuelle associe un moteur V16 atmosphérique de 8,3 litres développé avec Cosworth à trois moteurs électriques. L’ensemble développe 1 800 chevaux, dont 1 000 pour le moteur thermique, selon la présentation technique officielle de Bugatti. La transmission est une boîte à double embrayage à huit rapports, et la batterie dispose d’une capacité d’environ 25 kWh.
La variante évoquée par Mate Rimac pourrait adopter une approche très différente : conserver le V16, supprimer l’assistance électrique et remplacer la boîte automatisée par une transmission manuelle. Le retrait des moteurs électriques et de la batterie modifierait le poids, la répartition des masses et les sensations de conduite. Les caractéristiques exactes d’un tel véhicule restent toutefois à définir.
Cette réflexion repose sur une particularité de la Tourbillon : elle a été conçue autour d’une plateforme nouvelle. Bugatti a déjà détaillé la façon dont le groupe motopropulseur hybride combine le V16, l’essieu électrique avant et la batterie intégrée à la structure. Envisager une version dépourvue de certains de ces éléments impliquerait donc un véritable travail d’ingénierie, et pas simplement le remplacement du levier de vitesses.
Pourquoi Mate Rimac peut explorer une autre voie
Le calendrier de cette déclaration n’est pas anodin. En septembre 2026, Porsche a finalisé la vente de ses participations dans Bugatti Rimac et Rimac Group à un consortium d’investisseurs. Le communiqué de Bugatti confirme la nouvelle structure de propriété et le rôle accru de Mate Rimac à la tête de la marque.
Dans l’entretien accordé à Top Gear, le dirigeant relie cette autonomie à une plus grande liberté pour développer des projets de long terme. La Tourbillon pourrait ainsi constituer le point de départ de plusieurs interprétations de l’hypersportive, plutôt qu’un modèle isolé.
Pour la filière automobile française, le sujet touche aussi à l’avenir d’un constructeur installé à Molsheim, en Alsace, où Bugatti assemble ses voitures. Le choix éventuel d’un V16 non hybridé illustrerait une stratégie propre au marché très restreint des voitures de collection et de très haute performance. Il ne préjuge pas des orientations suivies par les constructeurs généralistes.
Une Bugatti à boîte manuelle sera-t-elle commercialisée ?
Bugatti n’a communiqué ni calendrier, ni prix, ni volume de production pour une Tourbillon manuelle. Le constructeur n’a pas non plus présenté de prototype correspondant à cette idée. La Tourbillon annoncée reste une hypersportive hybride dotée d’une boîte automatique à double embrayage, dont la production est limitée à 250 exemplaires.
Le signal envoyé par Mate Rimac porte donc sur les possibilités futures de la marque : à côté de la puissance et de l’électrification, Bugatti pourrait rechercher une expérience de conduite plus mécanique. La concrétisation de cette piste dépendra d’un programme industriel qui reste à annoncer.

