Mortalité en baisse ou stagnation inquiétante ? La sécurité routière en 2024 présente un tableau contrasté selon les profils d’usagers et les âges. Si les chiffres globaux montrent une stabilité, certaines tendances méritent une attention particulière. Automobilistes, motards, cyclistes, piétons : qui sont les plus touchés par les accidents de la route cette année et pourquoi ?
Le 30 janvier 2025, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a dévoilé son bilan annuel de la sécurité routière en France. Cette année, 2024 se clôt sur une tendance de la mortalité routière globalement stable (+1 % sur 12 mois), mais qui cache des disparités selon les catégories d’usagers.
Certains groupes voient leur situation s’améliorer, tandis que d’autres, comme les jeunes conducteurs et les usagers de deux-roues motorisés, enregistrent une augmentation préoccupante des décès. Quels sont les profils les plus à risque ?
Sécurité routière : 2024, un bilan en demi-teinte
Si l’on s’en tient aux seuls chiffres de décembre 2024, l’évolution semble plutôt positive :
- 270 personnes sont décédées en métropole contre 290 en décembre 2023, soit une baisse de 7 %.
- Les décès diminuent notamment en agglomération (-15 %) et hors agglomération (-6 %).
- La mortalité augmente en revanche sur autoroute (+16 %), un phénomène qui mérite une analyse spécifique.
Cependant, ce recul en fin d’année contraste avec une tendance annuelle mitigée. Sur l’ensemble des 12 derniers mois, la mortalité routière a progressé de 1 %, marquant ainsi un palier après plusieurs années de baisse régulière.
Mortalité routière : qui sont les plus touchés ?
L’évolution de la mortalité ne touche pas tous les usagers de la même manière. Certaines catégories enregistrent une baisse des décès, tandis que d’autres voient leur situation se détériorer.
| Catégorie d’usagers | Morts en 2024 | Évolution 12 mois (%) | Évolution vs 2019 (%) |
|---|---|---|---|
| Automobilistes | 1 535 | +2 % | -5 % |
| Motards (2RM) | 726 | +3 % | -3 % |
| Piétons | 451 | +3 % | -7 % |
| Cyclistes | 222 | Stable | +19 % |
| Trottinettes (EDPm) | 44 | Stable | – |
Avec 1 535 décès sur 12 mois, les automobilistes restent les principales victimes des accidents mortels. La tendance est en légère hausse (+2 % par rapport à 2023), bien que le chiffre reste inférieur à celui de 2019.
L’évolution est contrastée selon les infrastructures :
- Sur autoroute, la mortalité bondit de 16 % en raison d’accidents impliquant de la vitesse excessive et de la somnolence.
- Hors agglomération, les décès baissent de 6 %, grâce à une amélioration de l’état des routes et un meilleur respect des limitations de vitesse.
- En agglomération, la baisse atteint 15 %, grâce aux aménagements urbains et à la réduction de la vitesse à 30 km/h dans certaines villes.
Les motards : un retour des chiffres à la hausse
Avec 726 morts en 2024 (+3 % par rapport à 2023), les motards restent parmi les usagers les plus vulnérables. Les principaux facteurs de mortalité sont les suivants :
- Accidents en solo, dus à une perte de contrôle (notamment sur routes secondaires).
- Collisions avec des véhicules légers, souvent en intersection où la visibilité est limitée.
- Absence de port d’équipement adéquat, un problème récurrent malgré les campagnes de sensibilisation.
L’évolution des ventes de motos de forte cylindrée en 2023 et 2024 semble aussi jouer un rôle, avec une hausse des permis A et un rajeunissement du parc de deux-roues motorisés.
Les cyclistes : une mortalité qui inquiète
Avec 222 décès enregistrés en 2024, la mortalité des cyclistes est stable par rapport à 2023, mais demeure +19 % plus élevée qu’en 2019.
L’essor des mobilités douces et l’augmentation du trafic cycliste en ville ont mécaniquement fait croître le risque d’accidents, notamment :
- En milieu urbain, lors des interactions avec les véhicules motorisés.
- À la campagne, où les infrastructures sont souvent inadaptées.
L’évolution réglementaire sur l’obligation du casque et l’encadrement des dépassements pourrait avoir un effet à moyen terme, mais les chiffres actuels restent préoccupants.
Les piétons morts sur les routes de France se comptent en centaines
Alors que la mortalité piétonne avait baissé en 2023, 451 piétons ont perdu la vie en 2024 (+3 % sur un an). Cette hausse s’explique principalement par :
- Un relâchement du respect des priorités piétonnes, particulièrement en ville.
- Une augmentation des accidents impliquant des trottinettes et vélos, dont la cohabitation avec les piétons reste complexe.
Analyse par tranche d’âge : les jeunes et les seniors toujours en danger
| Tranche d’âge | Morts en 2024 | Évolution (%) |
|---|---|---|
| 18-24 ans | 531 | +7 % |
| 25-64 ans | 2 300 | Stable |
| 65 ans et + | 891 | +5 % |
Les jeunes adultes (18-24 ans) : une hausse préoccupante
Avec 531 décès (+7 % par rapport à 2023), les jeunes adultes restent les plus exposés aux accidents graves.
Les principales causes :
- Excès de vitesse et alcool, notamment la nuit.
- Usage du téléphone au volant, en hausse chez les moins de 25 ans.
- Fragilité des jeunes motards et cyclistes face aux dangers de la route.
Les seniors : une hausse liée à la mobilité autonome
Les plus de 65 ans enregistrent 891 décès (+5 %), une hausse liée à :
- Une conduite plus fréquente des seniors sur de longs trajets.
- Une vulnérabilité accrue aux chocs, même à faible vitesse.
Les accidents impliquant des seniors sont souvent dus à un manque de réactivité ou des erreurs d’inattention.


