Ce boîtier ressemble trait pour trait à un radar autonome, mais il ne verbalise personne

À Malemort, des « faux radars » intriguent et suscitent des débats.

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Ce boîtier ressemble trait pour trait à un radar autonome, mais il ne verbalise personne
Ce boîtier ressemble trait pour trait à un radar autonome, mais il ne verbalise personne © L'Automobiliste

Il est rare qu’une tromperie se transforme en solution ingénieuse à un problème tenace. Pourtant, à Malemort, une commune de la Corrèze, l’installation de « faux radars autonomes » provoque pas mal de discussions. Lancée par la municipalité, l’idée vise à ralentir les automobilistes sans les sanctionner financièrement, une démarche qui interpelle et intrigue.

Les « cabines épouvantails » de Malemort

À Malemort, deux faux radars autonomes ont été posés par les services municipaux sous l’autorité du maire, Laurent Darthou, rapporte Auto Plus. Ces dispositifs, surnommés « cabines épouvantails », sont placés à des endroits stratégiques : sur la RD44, entre Sainte-Féréole et Malemort, et sur la RD921, près de l’Ehpad du Pays de Brive. Les limitations de vitesse sur ces axes sont établies à 70 km/h, et pour rendre l’illusion plus crédible un panneau radar « vrai » a été positionné en amont des appareils.

L’idée des voitures-radars n’est pas nouvelle en France. Par le passé, des riverains excédés avaient bricolé leurs propres dispositifs pour freiner la circulation dans des zones problématiques. Mais l’initiative de Malemort se distingue par son caractère officiel et plus abouti. Elle a même été suffisamment élaborée pour obtenir l’accord de la préfecture et de la gendarmerie, qui n’ont formulé aucune objection.

Les radars autonomes en France, point par point

Pour mieux mesurer la portée de l’initiative de Malemort, voici un rappel de la place des radars autonomes en France. On recense actuellement 2 519 emplacements identifiés pour ces dispositifs, couvrant 13 384 km d’itinéraires sécurisés. Ces radars autonomes, décrits comme « tout en haut de la chaîne alimentaire des serial flasheurs », ont un rôle important dans la régulation de la vitesse.

La répartition de ces radars est cependant inégale. Par exemple, on compte 1 660 emplacements sur des itinéraires sécurisés, dont 959 ont été occupés récemment. À l’heure actuelle, seulement 317 radars autonomes y sont en poste. Pour les emplacements isolés, il y a 441 sites, 132 ayant été utilisés dernièrement et 82 étant actuellement occupés. Enfin, dans les zones de travaux, sur 418 emplacements, 80 ont vu la présence de radars récemment et 17 sont encore occupés, montrant que ces dispositifs ont parfois « perdu leur vocation première ».

Où sont placés ces radars ? Répartition et exemples

Les départements qui comptent le plus d’emplacements pour radars autonomes sont la Gironde avec 91 emplacements, la Seine-et-Marne avec 88, la Marne avec 77, et la Meurthe-et-Moselle avec 51. À l’inverse, certains territoires n’en ont aucun : la Corse, la Creuse, les Hautes-Pyrénées, Paris, le Val-de-Marne, et la Vendée. Ce contraste illustre bien la disparité dans la répartition et l’utilisation de ces appareils à travers le pays.

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